Compte-rendu de la rencontre des 6 et 7 décembre 2023

Objectif de la rencontre

Favoriser la concertation et l'échange d'information concernant les initiatives en matière de politiques dans le domaine de l’exploitation des ressources marines, leur mise en oeuvre et l’établissement d’orientations servant les intérêts de l’industrie du Québec.

ORGANISATIONS REPRÉSENTANTS En présence (6 déc.) En ligne 6 déc.  En personne (7 déc.) En ligne (7 déc.)
INDUSTRIE
ASSOCIATION INTERSECTORIELLE
Alliance des pêcheurs professionnels du Québec (APPQ)

O’Neil Cloutier

X

 

X  
Fédération des pêcheurs semi-hauturiers du Québec (FPSHQ) Daniel Desbois X   X  
Secteur Gaspésie-Bas-Saint-Laurent
Regroupement des pécheurs professionnels du Sud de la Gaspésie (RPPSG) O’Neil Cloutier  X   X  
Regroupement des pécheurs professionnels du Sud de la Gaspésie (RPPSG) Claire Canet X   X  
Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16 Jean-René Boucher X   X  
Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie (ACPG) Claudio Bernatchez X      
Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie (ACPG) Georges Huard X   X  
Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie (ACPG) Samantha Bois   X    
Fédération des pêcheurs semi-hauturiers du Québec (FPSHQ) Vincent Dupuis X   X  
Association des morutiers traditionnels de la Gaspésie (AMTG) Michel Syvrais  

X

   
Association des crabiers gaspésiens Daniel Desbois X   X  
Association des pêcheurs de crabe de la zone 17 (APCZ17) Marc Doucet X   X  
Secteur Îles-de-la-Madeleine
Association des pêcheurs propriétaires des Îles-de-la-Madeleine (APPIM) Mario Déraspe

X

 

X  
Groupe de pêcheurs de la zone F inc. (GPZF) Mérielle Ouellet   X   X
Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCÎ) Charles Poirier X   X  
Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCÎ) Léona Renaud X   X  
Association of the Inshore Fishermen of the Magdalen Islands (AIF) Gil Thériault X   X  
Secteur Côte-Nord
Association des pêcheurs de la Basse Côte-Nord (APBCN) Curtis Stubbert   X    
Association des pêcheurs de la Basse Côte-Nord (APBCN) Julie Monger X   X  
Regroupement des pêcheurs professionnels de la Haute et Moyenne Côte-Nord (RPPHMCN) Line Arsenault

 

X

  X
Regroupement des pêcheurs professionnels de la Haute et Moyenne Côte-Nord (RPPHMCN) Marilou Vanier X   X  
Regroupement des pêcheurs professionnels de la Haute et Moyenne Côte-Nord (RPPHMCN) Ilya Klvana X   X  
AUTOCHTONES
Première Nation Wolastoqiyik (Malécite) Wahsipekuk Guy-Pascal Weiner X   X  
Conseil des Innus de Pakua Shipi Marcel Rancourt X   X  
Conseil des Innus de Pakua Shipi Glenn McKinnon X      
Conseil des Innus d’Ekuanitshit
(Pêcheries Shipek)
Guy Vigneault X   X  
Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam
(Pêcheries Uapan S.E.C.)
Benoit St-Onge X   X  
Conseil des Innus de Pessamit Majoric Pinette X   X  
Micmacs of Gesgapegiag Christina Burnsed   X   X
Micmacs of Gesgapegiag Jaime Condo        
Nation Micmac de Gespeg Johanne Basque X   X  
Conseil des Innus de Nutashkuan Pierre Wapistan X   X  
Conseil des Innus d’Unamen Shipu Alexi Lalo X   X  
Listuguj Mi’gmaq Government James Metallic-Sloan

 

X

  X
Listuguj Mi’gmaq Government Denny Isaac   X   X
Conseil de la Première Nation des Innus d’Essipit Donald Bouchard X   X  
Société de développement économique des Nutakuan Innuat Gérard Ishpatao        
Observateurs
Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et
Malécite (AGHAMM)
Emmanuel Sandt-Duguay X   X  
Agence Mamu Innu Kaikusshet (AMIK) Benoit Sioui X   X  
Agence Mamu Innu Kaikusshet (AMIK) Serge Langelier X   X  
Groupe GID Nancy Lavoie     X  
Créneau d’excellence Ressources, sciences et technologies marines Côte-Nord Alain Grenier X   X  
Listuguj Mi'gmaq Government Rachel Barnaby   X   X
Association des pêcheurs de crabe de la zone 17 Simon Vallée X   X  
ADMINISTRATIONS PORTUAIRES
Représentant des Administrations portuaires Pierre Léonard   X    
MPO
Membres permanents
Directeur général régional Sylvain Vézina X   X  
Directrice régionale - Gestion des pêches Maryse Lemire X   X  
Directeurs de secteur - Gaspésie–Bas-Saint-Laurent Érick Saint-Laurent X   X  
Directeur de secteur - Côte-Nord Andrew Rowsell X   X  
Directeur de secteur - Îles-de-la-Madeleine Cédric Arseneau X   X  
Directeur - Gestion de la ressource, de l’aquaculture
et des affaires autochtones
Jean Picard X   X  
Membres occasionnels (au besoin selon les sujets abordés)
Directeur régional - Sciences Jean-Yves Savaria   X    
MAPAQ
Coordonnatrice intergouvernementale et conseillère politiques et
programmes
Rabia Sow  X   X  
Invité.s
Parcs Canada Martin Desrosiers     X  

 

JOUR 1

Mot de bienvenue

Maryse Lemire souhaite la bienvenue aux participants.

Sylvain Vézina mentionne qu’il est reconnaissant de la collaboration avec les acteurs de l’industrie et que l’ordre du jour a été développé en tenant compte des commentaires reçus. Il précise que moins de sujets seront abordés pour laisser plus de place pour les discussions qui pourront se prolonger pendant le 5 à 7 en fin de journée.

Questions et commentaires de l’industrie :

  • Demandes d'ajout de points au varia
    • Aborder le sujet du pesage des prises à quai et le post-saison dans la pêche au crabe des neiges;
    • Discuter de la coprésidence du Comité de liaison (CL);
    • Tenir une discussion sur les observateurs en mer;
    • Faire le point sur le Bureau d’accréditation des pêcheurs et des aides-pêcheurs du Québec (BAPAP) et le resserrement des règles dans un contexte de manque de main-d’œuvre. En ce qui concerne le BAPAP, le MPO propose d’en discuter à la pause avec O’Neil Cloutier et revenir si besoin.

L'état de l'écosystème de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent - Partie 1

Marie-Julie Rioux agit à titre de coordonnatrice. Peter Galbraith, Marjolaine Blais et Diane Lavoie effectuent la présentation. 

Questions et commentaires de l’industrie :

  • Est-ce que les changements décrits sont au niveau planétaire ou sont spécifiques au Québec et au Canada? 
    • L’augmentation moyenne globale (à grande échelle) de la température de l’eau de surface a été de 1,1 degré en 100 ans. Pour la glace, nous sommes sujets à plus de changement et de répercussions intenses, car nous sommes plus à la limite sud. Il y a une grande variabilité annuelle du couvert de glace. Les eaux profondes se réchauffent plus rapidement que les eaux de surface et ont un impact sur toute la chaîne alimentaire, ces changements sont plus importants ici que dans le reste du monde. On constate des records centenaires depuis 2015-2016, donc des températures les plus chaudes depuis 1915.
  • La diapositive de conclusion est assez négative, est-ce qu’il y a du positif?
    • La nourriture à la base de la chaîne alimentaire est présente ce qui est en soi une bonne nouvelle, mais effectivement, beaucoup de changements se produisent très rapidement. Il y a peut-être un peu plus d’incertitudes pour les concentrations de phytoplancton dans le futur, un modèle de prédiction existe, mais les tendances ne sont pas claires et nettes. 
    • Auparavant le couvert de glace couvrait une plus grande superficie à longueur d’année. Maintenant, avec la fonte des glaces et les eaux libres, il se pourrait que ces conditions amènent une période de bloom, qui favoriserait peut-être les conditions de pêche. Il y a beaucoup de changements dans l’écosystème, mais ça ne fait pas du Saint-Laurent un écosystème mourant, un habitat glacé n’est pas nécessairement mieux qu’avec moins de glace.
  • Comment se produit le rétrécissement de la couche intermédiaire froide? Est-ce la masse d’eau chaude en profondeur qui prend de l’expansion ou la couche intermédiaire froide qui se réchauffe? Il y a une inquiétude des impacts pour le plateau madelinien. 
    • Il y a plus de mouvement et de brassage dans la colonne d’eau sans glace, mais une épaisse couche d’eau froide demeure. Occasionnellement le refroidissement n’atteint pas l’entièreté de la colonne d’eau (toutes les profondeurs),  mais c’est rare. Une modification de la profondeur de la thermocline est probable et s’est déjà produite dans le passé. Le plateau madelinien étant moins profond que le reste du golfe, l’enjeu est moindre et il n’y a pas d’inquiétude, selon Peter Galbraith, que l’eau froide n’atteigne pas le plateau.
  • Qu’en est-il des changements climatiques sur la récurrence de grandes tempêtes et leurs impacts sur le brassage des eaux et de la thermocline? On n’en parlait pas avant la tempête Dorian, mais Dorian et Fiona ont changé le portrait et ont entraîné des changements sur le plateau madelinien. 
    • La tempête Fiona a eu de gros impacts, en une semaine, la température du fond a augmenté de 6 degrés tandis que celle en surface a baissé de 6 degrés à cause du brassage des eaux. Le refroidissement prend habituellement 1 mois et demi, le temps de retrouver les températures normales. Les tempêtes risquent d’être plus fréquentes, nous devons faire un recul dans les données historiques pour voir si on a manqué l’arrivée de tempêtes. 
  • En présumant une augmentation du nombre de tempêtes, est-ce que la durée des saisons de pêche sera affectée? 
    • Ces tempêtes sont post-tropicales, elles passent normalement plus au sud, mais une augmentation de la force des tempêtes pourrait avoir un impact sur la trajectoire. Un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les changements futurs n’indique pas nécessairement un impact sur le nombre, mais bien sur l’ampleur des tempêtes. Avec les changements de courants, notamment le déplacement du Gulf Stream vers le nord, la trajectoire des tempêtes pourrait être modifiée et se déplacer vers le nord.
  • Est-ce que fonte des glaces dans le Nord canadien a un impact sur les courants ici?
    • Selon des projections avec des incertitudes, on prévoit une diminution de l’intensité des courants du Labrador et du Golfe stream, le courant du Labrador est moins intense et peut descendre moins loin au sud et être dévié vers l’atlantique.
  • Il est donc dur de prévoir l’impact sur les courants? 
    • Les modèles indiquent que si la situation perdure (ralentissement des courants), ça amène une plus grande variabilité/instabilité du Gulf Stream, le courant ira plus au nord, mais il sera moins rapide (intense). Il ne faut pas sauter aux conclusions, la région est très dynamique et il est difficile de prédire avec précision. 

L’État de l’écosystème de l’Estuaire et du Golfe du Saint-Laurent - Partie 2 

Marie-Julie Roux, Hugo Bourdages, Jean-Martin Chamberland et Benoît Bruneau effectuent la présentation. 

Mathieu Desgagnés effectue une présentation sur le flétan de l’atlantique dont les débarquements augmentent.

Jordan Ouellette-Plante effectue une présentation sur la morue franche du nord du golfe du Saint-Laurent (3Pn, 4RS) ainsi qu’une mention sur la situation du phoque gris dans le Golfe

Questions et commentaires de l’industrie :

  • L’état des stocks de crabe des neiges devrait être qualifié comme étant inconnu et non pas incertain. Le stock n’est pas nécessairement incertain, mais plutôt inconnu parce que l’approche de précaution n’a pas encore été développée. 
    • On ne souhaite pas débattre de sémantique, le terme «approche de précaution en développement» aurait pu être employé.
  • Quelles espèces sont gagnantes avec la modification du pH et de l’O2? 
    • Les changements de pH touchent surtout les espèces à coquilles. Aucun effet n’a été observé en milieu naturel jusqu’à présent. Au niveau de l’oxygène (O2), chaque espèce a un seuil létal et ce seuil a été atteint à certains endroits. Tout dépendamment d’où se tient l’espèce et de sa tolérance face aux changements, il y a des perdants, particulièrement dans la couche profonde. Il est tout de même difficile de dire quelles espèces fuient les couches profondes, moins favorables. Toutes les espèces n’ont pas les mêmes sensibilités, par exemple la morue fait partie des espèces les plus sensibles, alors que la crevette serait plus tolérante. iI existe même des variations entre mâles et femelles. Le turbot est quand même tolérant. Dans l’estuaire, les valeurs d’oxygène sont sous 10% selon nos connaissances, aucune espèce ne peut survivre à long terme à ce niveau. L’impact de l’acidification est en cours d’étude en tentant de déterminer les seuils néfastes pour différentes espèces et l’atteinte de ces seuils dans le temps. Des résultats seront disponibles en 2024. 
  • On est d’accord qu’il est essentiel de savoir ce qui se passe dans le Saint-Laurent pour prendre des décisions éclairées. Il s’agit toutefois surtout de facteurs que les pêcheurs ne contrôlent pas, il faudrait davantage parler des facteurs sur lesquels les pêcheurs et le MPO peuvent avoir une influence. Le facteur politique ne semble pas être dans l’équation de l’approche écosystémique. 
    • L’initiative nationale de mise-en-œuvre de l’approche écosystémique a débuté récemment. On ne contrôle pas les réponses des espèces, mais on peut les anticiper et aider à la prise décision de gestion des pêches. L’approche écosystémique est en développement, les interactions entre espèces seront ajoutées au facteur physique. 
  • Quand et comment le MPO partagera ces informations au grand public? Il faut montrer comment c’est fragile. Ce qui donnerait plus de valorisation aux produits. L’industrie est au courant, mais pas nécessairement le public.
    • Des outils de communication sont nécessaires. Les conditions océanographiques ont été médiatisées et présentées au public. Le facteur espèces a récemment été ajouté dans les communications publiques, mais il n’y a pas de mise à jour continue ou annuelle. Les informations présentées aujourd’hui ont été communiquées au public, mais il reste du chemin à faire. Dans les dernières années le MPO a été présent dans les médias, les chaînes régionales et nationales. Le rôle des sciences est de produire une analyse qui est disponible au public. L’information dans les médias est momentanée et tout le monde n’est pas nécessairement intéressé, mais effectivement, un travail de sensibilisation et de vulgarisation de l’information reste à faire. 
  • La première réponse des organismes face aux CC est souvent la migration, comment cette migration est-elle étudiée? Comment obtient-on les données ou faisons un suivi? Le phénomène est plus évident pour le homard, car on voit des débarquements le long de la côte, il y a présence de homard où il n’y en avait pas auparavant. 
    • On doit changer nos fenêtres d’observation. Le Canada prend beaucoup d’initiatives pour intégrer les données des relevés scientifiques entre les différentes régions Atlantique et les États-Unis. Des initiatives sont également prises avec le sud du golfe. 
    • Les courants transportent les larves de homard. Les changements de distribution du homard ne viennent pas nécessairement d’une migration, il y a une diminution de production dans le sud et l’inverse dans le nord. Une étude qui sera publiée montre très bien un phénomène exponentiel. Une faible augmentation de la température qui était non favorable à la croissance des larves peut soudainement dépasser un seuil permettant la survie des larves et provoquer un événement exponentiel. Donc ce n’est pas une migration, mais une question de productivité, une croissance plus rapide accélère l’atteinte de la maturité.
  • Concernant les communications, il semble manquer une courroie de transmission. La recherche et la vulgarisation scientifiques sont deux choses différentes. On aurait avantage à plus de vulgarisation au CL pour sauver du temps, et rendre l’information plus facile à comprendre pour le public.  
    • Une demande a été faite par l’industrie d’avoir un portrait complet de la situation et on considère que tous les participants présents sont en mesure de comprendre les grandes lignes des présentations. 

Allocution de la ministre des Pêches et des Océans

La ministre, l’honorable Diane Lebouthillier effectue son allocution.

On fait face à de nombreux enjeux et défis et nous serons en eaux inconnues pour les prochaines années. Il faut s’armer de créativité, de résilience et mettre l’épaule à la roue tout le monde ensemble pour surmonter les défis. Il faut innover dans nos pratiques de gestion et de surveillance des pêches. Demain la sous-ministre va être au CL, ainsi que le conseiller des communications et le conseiller pour la région du Québec.

Trois priorités : 
1.    Les ports et petits bateaux;
2.    L’aquaculture; et
3.    Le phoque. 

La ministre indique qu’elle s’attend à beaucoup de leadership de la part des communautés autochtones. 

Questions et commentaires de l’industrie :

La Côte-Nord existe également, mais se fait oublier dans plusieurs discours. La Ministre indique qu’en effet la Côte-Nord fait partie du Québec et qu’elle s’y rendra en 2024. 

  • Proposition d’ajouter une quatrième priorité, celle d’avoir une plus grande flexibilité pour s’adapter aux changements climatiques.
    • Les scientifiques ont un rôle important, mais tout le monde doit mettre l’épaule à la roue, dont les pêcheurs qui sont les yeux sur le terrain. 
  • Il serait important de délivrer des permis de pêche de homard sur la Côte-Nord, l’écosystème change vite, il faut faire acte de prudence, mais il y a un besoin. 
    • On connaît l’impact des moratoires sur le poisson de fond. Sans ressource, il n’y a pas de pêche et pas de pêche, dis pas d’économie. La relève dans le domaine des pêches est également un enjeu; l’accessibilité des permis pour les jeunes et les coûts y étant liés posent un sérieux problème et amène un désespoir d’avoir accès à la ressource. Un travail d’équipe et des discussions doivent avoir lieu si on veut que nos pêches se portent bien.
  • On demande des précisions par rapport à la continuité des projets pour l’an prochain tel que le Fonds des pêches du Québec. 
    • Il est suggéré de présenter les projets, sans donner d’information additionnelle.
  • Qu’en est-il de la résilience des entreprises de pêche et l’aspect économique? 
    • Le volet économique est très important. La capture, mais aussi tous les métiers y étant reliés, même les constructions des infrastructures. Beaucoup de monde est en arrière plan, des discussions auront lieu.

Maryse Lemire remercie la ministre de sa présence au Comité de liaison cette année.

Analyse FFOM du secteur de la capture (forces, faiblesses, opportunités et menaces) – Présentation et discussion

Emmanuel Sandt-Duguay agit à titre d’animateur. Il remercie la Ministre Lebouthillier et fait une présentation afin de mettre la table pour la discussion à suivre.

  • Les débarquements de l’année 2022 ont atteint un record en termes d’argent (463 millions). Pour le homard, le crabe et la crevette ainsi que le turbot en 4e place. Plusieurs flottilles sont en difficulté et on s’interroge pour l’avenir des pêches.
  • Avant de lancer la participation en sous-groupes, des thèmes sont affichés à l’écran afin d’alimenter les discussions. Un document conçu pour consigner les notes sur les forces, faiblesses, opportunités et menaces, ainsi que sur les enjeux et les perspectives est partagé. On demande à chaque équipe d’identifier un porte-parole pour la plénière et de transmettre au MPO les notes prises durant les discussions en sous-groupe.

Plénière

Équipe 1 

  • Forces : 
    • La connaissance du terrain par les pêcheurs et le contrôle du territoire amène des flottes performantes avec capacité d’adaptation. Bonne connaissance et une grande capacité technologique;
    • La qualité des produits; et
    • La capacité du MPO de faire une gestion agile au niveau local, comme une rapide prise de décision près de l’espèce dont le homard, mais il s’agit aussi d’une faiblesse pour d’autres espèces comme le maquereau, une espèce migratrice. 
  • Faiblesses : 
    • La lourdeur et la lenteur du système rendent la prise de décision difficile, centralisation des décisions; 
    • Un manque de collaboration, il y a une gestion des espèces en silo; et 
    • L’imprévisibilité rend la gestion difficile et nous n’avons pas trouvé une façon efficace de se protéger/préparer face à cette imprévisibilité. 
  • Menaces : 
    • La présence de la baleine noire de l’Atlantique Nord (BNAN) dans les eaux pêchées. 
  • Opportunités : 
    • La présence d’un marché local (Québec-Ontario) en croissance; 
    • Un marché potentiel pour les nouvelles espèces;
    • Un assouplissement de la gestion au MPO; et
    • La disponibilité de nouvelles technologies dont on peut tirer avantage.

Équipe 2 

  • Forces :
    • Une bonne connaissance du milieu;
    • La qualité des produits;
    • L’expérience des gens en mer; 
    • Une bonne communication et la proximité des intervenants;
    • La biodiversité de l’écosystème;
    • La mobilité dans le golfe; et 
    • La capacité de cohésion entre les groupes, travail en équipe.
  • Faiblesses : 
    • Le travail en silo; 
    • Un manque cohésion dans l’industrie même si les capacités sont là; 
    • La dépendance des transformateurs envers les États-Unis; 
    • La relation avec les transformateurs; 
    • La mauvaise image de la ressource contrairement aux mammifères marins, par exemple;  
    • La disparité des jugements Marshall vs Sparrow, jugement distinct qui dicte les décisions de gestion;
    • Le manque de main-d’œuvre et de relève; et 
    • La flexibilité et stabilité du Fonds des pêches du Québec. 
  • Menaces : 
    • Le coût des permis pour la relève; 
    • Les changements climatiques; 
    • Un manque d’agilité du MPO (lenteur du système); et
    • Une culture de quantité des prises et de l’appât du gain persistant.
  • Opportunités : 
    • Les espèces émergentes; 
    • Le prolongement de la saison de navigation; et
    • Le renouvellement des flottilles, un bon moment de renouveau de la culture dans les relations pêcheurs - transformateurs, l’intégration des Premières Nations (PN) qui pourraient prendre la relève d’entreprises hors PN. 

Équipe 3 

  • Forces : 
    • L’indépendance de la flottille; 
    • Le nombre de programmes provinciaux et fédéraux; 
    • La bonne collaboration autochtones-allochtones; 
    • Une main-d’œuvre éduquée et spécialisée; 
    • Une approche de gestion prudente, une force sur le marché international; 
    • Des pratiques écoresponsables; et 
    • La collaboration et la concertation dans le secteur avec une force économique dans la province.
  • Faiblesses : 
    • Une disparité dans l’application de la loi et des règlements;
    • Une complexification de la réglementation; 
    • Un désengagement du MPO par rapport à certaines tâches comme la prise de données ou la surveillance des pêches et le braconnage par C&P; 
    • Une gestion politique des pêches et non de la ressource; 
    • Une industrie très dépendante de quelques espèces, monopole des transformateurs;
    • Un manque de diffusion des données et d’informations; 
    • Une sous-utilisation des connaissances des pêcheurs; 
    • Une flotte vieillissante, un manque de main-d’œuvre et de relève;
    • La saisonnalité de la pêche limitée parfois à quelques semaines; et 
    • La fragmentation des associations de pêcheurs et l’inégalité entre les types de pêche : allochtones vs autochtones, poisson de fond vs crustacés. 
  • Menaces : 
    • L’inflation et l’ingérence internationale; 
    • Les espèces envahissantes; 
    • La rapidité des CC; et
    • La hausse du coût du carburant.
  • Opportunités : 
    • La diversification du marché local; 
    • La diversification des appâts; 
    • Le développement d’une image de marque;
    • Le développement de pêche touristique sportive en haute mer; 
    • La possibilité de donner plus de valeur aux produits, dont les écoproduits marins; 
    • Le développement de technologies propres; 
    • La biotechnologie marine;
    • Le développement d’un partenariat accru entre les pêcheurs et les sciences; et
    • Un partenariat entre pêcheurs et aquaculteurs, innovations en aquaculture.

Équipe 4 

  • Forces :
    • L’intégration verticale et l’union entre flottilles; 
    • La nordicité, environnement moins pollué, le Saint-Laurent est dépollué; 
    • La jeunesse (main-d’œuvre) au niveau des PN;
    • Les relations allochtones-autochtones,
    • L’expertise de la structure professionnalisée qui est formée et mise à jour avec des perfectionnements; et 
    • La vision du métier, le métier de pêcheur est bien perçu. 
  • Faiblesses : 
    • La vieillesse de la flottille; 
    • Les soubresauts des marchés; et
    • La crédibilité des pêcheurs dans la valeur scientifique. 
  • Menaces : 
    • La dépendance au marché américain;
    • La vieillesse des pêcheurs;
    • La désuétude des ports; 
    • Une vue publique destructrice de l’industrie; 
    • Une perte d’expertise en raison du vieillissement; et 
    • Les coûts d’exploitation élevés.  
  • Opportunités : 
    • La localisation de la Côte-Nord avec un potentiel dans une perspective de CC.

La façon dont le MAPAQ octroie les permis de transformation devrait être discutée. Le manque de compétition sur la Côte-Nord représente un problème. 

Surveillance des pêches : Innovation et Intégration de l’intelligence artificielle dans les opérations

Cédric Arseneau débute la présentation qui a pour but d’avoir une discussion initiale sur le programme de surveillance des pêches avec les nouvelles technologies. 

Questions, commentaires et réponses :

  • En 2019, le sujet de la surveillance par caméra a été abordé à Boston au séminaire de la NOAA. Google avait développé le système de reconnaissance des prises. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) qui analyse des images, il y a eu un gros bond dans les possibilités technologiques. La gestion des données doit par contre être encadrée pour entre autres obtenir l’acceptabilité, et respecter le cadre législatif dont la Loi sur la protection des renseignements personnels. La problématique de la gouvernance des données a déjà été soulevée avec les journaux de bord électroniques et les cartes interactives. 
    • Les données recueillies ont une grande valeur et y donner accès est dangereux. Il faut développer un modèle d’affaires, mais le MPO n’a pas d’expérience avec ce genre de données. 
  •  En 2021 il y a eu des essais de caméra pour les casiers à homard. La couverture satellite est un frein, il n’y a pas toujours un réseau internet pour ramasser les données. Ce nouveau système demande une bonne technologie et des gens capables de gérer les données. Au niveau du financement, on demande si le MPO ou l’industrie en feront partie. Le système risque de prendre encore 10-20 ans. 

Vincent Rémillard coordonnateur innovation fait la présentation. 

  • La région du Québec vise à installer des caméras pour la prochaine saison dans l’industrie du crabe des neiges, mais aussi aux volontaires d’autres flottilles. Elle a fait l’acquisition d’équipement pour deux bateaux pour la prochaine saison (recherche d’équipage volontaire). Un minimum de 10 expéditions de pêche est visé. 

Questions, commentaires et réponses :

  • L’intelligence artificielle (IA) est un incontournable, mais la gestion des informations est à voir.
    • La question de l’accès aux données est très importante. 
  • Il faut faire attention, car la technologie peut faillir. Quel sera l’impact de la défaillance du système sur le pêcheur?  Est-ce que ça veut dire qu’un pêcheur ne pourra pas travailler? 
  • Certains représentants ne sont pas très optimistes, il faudra que les objectifs du programme soient clairs, et pas uniquement collecter des données pour avoir des données. On se questionne à savoir si la caméra est la meilleure solution. 
  • Les données de la compagnie AIFish à Hawaii sont stockées sur le serveur d’Amazon et sont accessibles aux Américains. Il faudrait mettre en place un comité technique qui implique le secteur de la capture. 
    • Les données ne seront pas hébergées chez AIFish, mais bien au MPO donc les Américains n’y auraient pas accès. Le MPO a déjà un partenariat, mais il n’y a pas de fournisseur canadien pour l’instant. Le projet est toujours dans la phase initiale, le modèle d’affaires est toujours en développement. 
  • Il y a une grande préoccupation, si la technologie n’est pas rendue au Canada, peut-être que nous ne sommes pas rendus-là et vaut mieux attendre pour faire des tests et ne pas dépendre des États-Unis.
  • Une inquiétude que le système défavorise les petits joueurs. En exemple, la boîte noire a le même coût, peu importe la grosseur de l’entreprise, ce n’est pas au pro rata (comme les observateurs en mer (OEM)). De gros joueurs dans les technologies vont récolter une partie des gains contrairement aux OEM, qui eux sont dans nos communautés. 
    • Le but n’est pas de supporter Google dans le développement, mais le MPO essaye de développer des outils de monitorage qu’on n’a pas encore.
  • La technologie évolue très rapidement. Il manque des sources de données, mais l’IA peut aussi être au niveau du triage, peut répondre à d’autres besoins en mer, surtout dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre. Il faut savoir comment l’utiliser. 
  • L’ACPG a déjà amorcé une réflexion et a déjà collecté des données qui sont disponibles pour le MPO, mais pour un certain coût monétaire.
    • Il faut éclaircir qui doit posséder la donnée et son utilisation (ex. cas de poursuite).
  • Certains se questionnent sur comment les pêcheurs se sentent en ayant des caméras sur leur bateau. On dit que c’est pour des besoins scientifiques, mais le MPO est invité à venir voir la réalité des pêcheurs sur les bateaux. Pour ce qui est de la conformité, les pêcheurs ne sont pas des hors-la-loi, il y a un besoin de faire confiance. Les entreprises sont déjà accotées au point de vue financier, si les frais sont toujours acquittés par le MPO c’est d’accord, certains ne sont pas fermés à l’idée. 
  • L’IA est un incontournable, mais on anticipe une réticence des pêcheurs, surtout s’ils n’ont pas encore accepté les journaux de bord électroniques. 
  • Au Créneau SRTM, le comité projet est prêt à partager les informations recueillies en 2019. 
    • Le MPO y a accès. 
  • L’ingérence des données est une prémisse pour toutes choses. Il y a des technologies en place pour le pesage et la vérification à quai (PVQ) et les appels de sortie en mer. Regardons des technologies plus simples qui sont déjà développées. Depuis les 6 dernières années il y a eu des tentatives de rationaliser et reçu un grand non. Il y a des solutions moins coûteuses pour les pêcheurs à mettre en place avant d’aller avec des technos qui soulèvent des questions profondes. Il est proposé de contacter Valentine Goddart spécialiste de la gouvernance de données. Il y a un livre blanc qui a sorti au Québec à la suite de travail fait dans les pêches. 
    • On doit essayer de trouver des solutions aux enjeux. Il y a une réflexion à faire en groupe, une opportunité de faire des démarches, prendre des décisions mieux informées. 

Suivi : Le MPO formera un groupe de travail avec l’industrie. Le sujet pourra être discuté au sous-comité de liaison.

Varia et conclusion du jour 1

Maryse Lemire revient sur les points soulevés en début de rencontre pour le varia.

  • Il y a un intérêt que le CL soit un comité paritaire avec une bonne présidence de la part du MPO. On demande aux pêcheurs si une coprésidence MPO-industrie serait voulue, mais vient avec des responsabilités et nécessite une bonne collaboration.
    • Le cadre de référence (CDR) lors de la mise sur pied du CL ont d’abord énoncé la présidence en alternance MPO – industrie. À cause d’un manque d’appétit de la part de l’industrie, l’alternance a été enlevée lors de la révision du CDR. Le CL a passablement évolué depuis, l’industrie y participe de plus en plus. Une révision du cadre de référence, pas uniquement la présidence, est possible. Le MPO pourrait revenir avec des propositions d’ici l’an prochain. Une bonne collaboration et une implication de l’industrie seront toutefois nécessaires. 
  • Une demande d’avoir le cadre de référence
    • Le MPO enverra le cadre de référence et indique qu’il y a une page du Comité sur le site internet de la région du Québec. Un lien avait été envoyé pour donner accès aux présentations qui ne marchaient pas, un nouveau lien sera envoyé la semaine prochaine. 
  • Deux problématiques :
    • Post-saison du crabe des neiges de la zone 17
      • Le post-saison semble maintenant beaucoup plus important pour les sciences qu’auparavant, mais les pêcheurs assument maintenant 100% des coûts. On demande une possible aide du MPO dans l’échantillonnage et l’analyse de données. Pas trop le côté financier qui donne de la misère, mais côté échantillonnage et compilation de données est problématique. Pas l’expertise du côté des pêcheurs pour prendre les données et que ce soit reconnu par les Sciences. Des échantillonneurs du MPO sont invités à venir travailler avec les pêcheurs. 
        • Le MPO en prend en note et fera un suivi à propos du départ du biologiste. 
    • Le pesage et la vérification à quai (PVQ)
      • En ce qui concerne la facture (RESMAR) pour le pesage à quai, avant il y avait beaucoup de débarquements à quai, mais maintenant avec peu de débarquements (baisse dans le turbot et la crevette), les pêcheurs de crabe et de flétan vont recevoir le total de la facture pour faire tourner RESMAR. Il s’agit d’une situation financière précaire. On demande si le PVQ devrait être éliminé ou l’imposer à toutes les pêcheries. Le Fonds des pêches du Québec pourrait servir à développer des balances, ou développer de la technologie, comme des caméras sur les quais. 
        • Le MPO indique qu’il y a des opportunités. Il y a des questions de fond sans réponse et qu’il faut poursuivre les discussions sur les enjeux.
  • Une situation qui mérite de l’attention concernant les observateurs en mer (OEM), dont le système de facturation et la gestion des coûts. Un pêcheur a eu 25 % de couverture et une grosse facture, l’OEM est resté pendant un mois sur le bateau  et le pêcheur a dû le loger et le nourrir pendant ce temps. 
    • Le MPO indique que quelqu’un va faire un suivi sur la situation afin de comprendre ce qui s’est passé. 

Maryse Lemire conclut les discussions de la première journée.

Jour 2

Maryse Lemire souhaite la bienvenue aux participants. La sous-ministre est à Québec, Sylvain Vézina et elle vont se joindre au CL en fin d’avant-midi. 

Maryse Lemire fait le tour des sujets prévus à l’ordre du jour pour cette deuxième journée.

Mise à jour sur l’entrée en vigueur du MMPA (Marine Mammal Protection Act)/Mesures de protection pour la baleine noire/Mise en œuvre nationale des exigences pour la modification des engins de pêche à plus faible résistance à la rupture

Andrea Morden effectue les mises à jour de 2023 de la gestion des pêches sur la protection et le rétablissement de la baleine noire de l’Atlantique Nord (BNAN).

Todd Williams effectue la présentation sur les dispositions de la Marine Mammal Protection Act (MMPA) des États-Unis relatives à l’importation. Il est accompagné de sa collègue Olga Kiseliova qui est également une experte de ce dossier.

Questions, commentaires et réponses :

  • Est-il possible de savoir quelles sont les pêcheries qui sont exemptées par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis?
    • Ce partage d’information serait prématuré parce que le processus de la NOAA aux États-Unis n’est pas finalisé et les décisions pourraient être revues et l’exemption relevée. Les efforts sont portés sur les pêcheries non exemptées pour qu’elles soient exemptées ou conformes aux normes du MMPA. 
  • Est-ce que des modifications des engins de pêche sont toujours considérées dans la représentation qu’on veut faire de nos mesures pour nos pêcheries? On demande si la mesure du protocole de fermeture est suffisante ou si l’on cherche à obtenir des pêcheries sans impact. Quelles seront les informations qui seront considérées par la NOAA? 
    • Lors de la soumission des pêcheries dans l’étude de comparabilité en novembre 2021, chaque pêcherie était soumise de façon indépendante et toutes les mesures d’atténuation mises en place étaient décrites pour chaque pêcherie (saison de pêche, équipement, etc.). 
    • Les mesures de gestion déjà en place sont relativement sécuritaires. La prolongation du délai de la NOAA n’affectera pas nécessairement les mesures mises en place au Canada. Les mesures déjà en place ou qui le seront sont comparables à celles des pêcheries aux États-Unis. Une étude de la fédération canadienne de la faune a indiqué que dans la pêcherie du crabe des neiges, les risques d’empêtrement de la BNAN ont été réduits de 65% juste avec le protocole de fermeture et qu’il atteint 82 % en considérant les programmes d’engins fantômes. Les exigences sont déjà bien et on ne prévoit pas de changements significatifs suite à l’analyse de la NOAA.
  • Plusieurs membres font encore la déclaration de perte d’engin par téléphone, l’utilisation des JBE est plus compliquée. On demande la possibilité d’un nouveau système ou d’adapter le présent système pour le rendre plus facile. Les pêcheurs déclarent parfois leurs engins perdus directement aux entreprises de récupération d’engins fantômes sans passer par le système. 
    • Les outils et les mesures en place devraient être plus efficaces et faciles à utiliser. Le MPO prend le commentaire en note et essayera d’améliorer le système, de tenir les pêcheurs au courant et avoir des discussions. Le message sera passé à l’administration centrale. 
  • Même si la mise en place de la MMPA est repoussée pour décembre 2025, ça correspond à seulement deux saisons de pêche. Des tests non concluants ont été faits sur les engins à maillons faibles et les projets ont été abandonnés. Pour qu’il y ait des essais pour la saison de pêche 2024 il faudrait que les pêcheurs le fassent par eux-mêmes, ce qui est peu probable. Ce qui laisse une seule saison pour faire des tests et se familiariser avec les engins, en 2025. Dès la fin d’une saison, les pêcheurs se préparent pour la suivante donc le temps est court. En résumé, c’est un long processus si l’on considère la distribution et l’installation. De plus, les tests indiquent que les changements sont au cas par cas, parce que chaque pêcheur a ses propres engins et les bateaux sont uniques, ce qui peut mettre la sécurité à risque. 2025 semble loin, mais ce sera rapide, on n’est pas prêt et on n’y arrivera pas s’il n’y a pas d’actions d’entreprises. Le MPO doit en faire plus, les pêcheurs doivent être informés à l’avance. 
    • Le MPO remercie les participants pour les commentaires et souligne le leadership de l’organisation qui a fait des essais, ainsi que la présentation de l’an dernier au CL, car tout ceci aide le MPO à développer les engins et les mesures. Il faut différencier la mise en œuvre pour le MMPA et les dates de mise en place des dispositifs demandés par le MPO, car les échéanciers du MMPA et ceux du Canada diffèrent. Les commentaires sur les échéanciers ont été entendus lors du symposium, et on comprend mieux la complexité des démarches. L’approche présentée dans les prochains jours va refléter (prendre en compte) ces préoccupations. L’impact des engins fantômes est important dans les empêtrements des BNAN, des discussions auront lieu avec les pêcheurs afin d’éviter des impacts négatifs sur eux. On espère que les pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine (IDM) continueront les essais, à noter qu’il y a d’autres sources de financement de disponibles, car on comprend que les essais sont difficiles sans financement. 
  • Un participant est impliqué depuis quelques années dans les efforts pour tester les équipements pour diminuer les risques d’empêtrement de la BNAN, dont la récupération d’engins fantômes. Les programmes sont appréciés et il souhaite qu’il y ait continuation. Il est demandé s’il y a des données sur les collisions avec les navires de la marine marchande ou autre. 
    • Il y aura une consultation auprès de Transports Canada pour obtenir des statistiques. Il est précisé que le MPO ne prend pas position sur les causes de mortalité à moins qu’une nécropsie ait été faite. Les statistiques présentées sont les interactions confirmées avec les engins de pêche ici. Aucune nouvelle mortalité n’a été signalée dans les eaux canadiennes depuis 2020, les données des années récentes sont sur les empêtrements. 
  • Depuis trois ans la RPPSG effectue des tests avec les engins à maillons faibles et le gainage. Il est attendu que 100% de la flottille utilise éventuellement de tels engins et on se demande une fois qu’une pêcherie a les mesures en place, est-ce qu’elle devra fermer ou elle pourra demeurer ouverte dans le cas d’un empêtrement? 
    • On indique qu’on ne peut pas se prononcer sur la décision du ministre, mais la mise en place des engins ne remplacera pas le protocole de fermeture. Un travail en étroite collaboration avec la pêcherie doit être fait pour identifier de possibles adaptations des mesures de protection selon la pêcherie. 
  • Engins perdus : on indique qu’il doit y avoir une consultation avec les pêcheurs pour les modalités techniques de la déclaration des engins fantômes. Le système Jobel a un nouveau type de déclarations avec des aberrations. Un test a été fait en déclarant 17 000 bouées en forme de licorne dans les eaux de la Russie. Il devrait y avoir une norme de sécurité concernant la déclaration des engins perdus et s’assurer de la fiabilité des données fournies sur le site du MPO.
    • Les participants vont avoir l’occasion d’avoir une discussion au point 12 de l’ordre du jour, ils sont donc invités à noter leurs questions. 

Conservation marine : Ensemble vers 2030

Alain Guitard effectue une présentation. Il expose au départ la vision du MPO pour la conservation marine et les responsabilités du MPO qui demeurent inchangées.

Le MPO est un collaborateur de Parcs Canada au niveau des parcs marins. Martin Desrosiers de Parcs Canada effectue une présentation.

  • Trois projets de parcs marins pilotés par Parcs Canada et le Ministère Environnement et Lutte aux Changements Climatiques, Faunes et Parcs (MELCCFP) :
    • Agrandissement du parc marin Saguenay-Saint-Laurent (en cours)
    • Projet de parc marin aux Îles-de-la-Madeleine (en cours)
    • Projet de parc marin dans le secteur Anticosti-Mingan (en démarrage)

Alain Guitard poursuit sa présentation de la mise à jour sur la conservation dans l’estuaire du Saint-Laurent ainsi qu’une mise à jour sur le projet du Nord du Golfe.

Florence Boucher-Boisclair effectue une présentation, où elle effectue notamment un retour sur ce qui a été fait dans l’année 2023 et les constats qui en découlent.

Questions,  commentaires et réponses :

  • Constat que la veille il y a eu des discussions sur les changements climatiques et leurs impacts néfastes sur l’écosystème qui s’en trouve très chamboulé. Ici on présente un plan pour protéger les fonds marins et les espèces en péril par un parc marin sans soulever que l’effet de serre a un impact sur les changements climatiques. On se questionne sur l’impact du MPO sur les changements climatiques tels que la production de gaz à effet de serre lors des survols aériens. 
  • Aux Îles-de-la-Madeleine, le nom de parc marin n’est pas accepté et devrait être «parc marin de pêche des Îles-de-la-Madeleine» pour protéger la pêche. Des efforts sont demandés aux pêcheurs pour protéger les fonds marins, mais tout devrait être protégé, dont la pêche. 
  • Le parc marin contient des espèces migratoires, des efforts devraient alors être faits à l’extérieur du parc. Il y a déjà le protocole de fermeture. Une espèce présente dans le parc, comme le phoque, peut être nuisible pour une autre, tel que le hareng ou le flétan. Un contrôle du prédateur devrait être fait, alors on se demande si la chasse pourrait avoir lieu dans le parc. 
    • Le MPO  collabore avec Parcs Canada sur le dossier et un « input » de l’industrie est attendu pour les mesures sur les pêches. Les mesures ne changeront pas rapidement, il y aura de la latitude pour s’ajuster. 
    • La chasse au phoque est permise, mais les quantités pêchées sont loin des quotas alloués, et il y a l’enjeu du marché.
    • Alain Guitard acquiesce que la distribution du hareng dans le territoire va au-delà des frontières du parc. Des discussions sur la protection de l’espèce dans son aire de distribution auront lieu entre le MPO et l’industrie.   
  • Il y a un constat qu’il a beaucoup été question de la BNAN, des engins fantômes, du parc lors des dernières réunions, mais davantage de discussions sur les stocks et la biodiversité devraient avoir lieu, c’est le premier mandat du MPO. Ces discussions de la protection de certaines zones auraient leur place si tout allait bien dans la pêche, mais c’est loin d’être le cas présentement et aucun travail ne semble être fait, seulement des ajouts de protection. 
  • Il y a plusieurs visions du parc. L’Association des chasseurs de phoques intra-Québec (ACPIQ) s'est retirée du processus et va probablement s’opposer au projet du parc marin. Les éléments de contestations qui reviennent sont 1) la perte de contrôle local, le MPO aura toujours le dernier mot et aucun contrôle sur les enjeux internationaux. 2) la lenteur de réponse et du processus. La biodiversité change vite, mais le MPO est lent et ajoute même une couche de fonctionnalité. Il y a une perte de confiance envers les gestionnaires à cause de décisions politiques irrationnelles qui vont dans différentes directions. Un exemple est la chasse au phoque à l’île Brion qui était interdite malgré l’explosion de la population et son impact dommageable. Il est difficile de convaincre les pêcheurs si leurs questions et demandes ne sont pas adressées. 
    • Le MPO ne voit pas la pêche et la protection comme incompatibles, mais complémentaires. Des aires marines protégées contribuent à rendre le milieu marin productif. Elles sont composées de mesures de conservation des pêches, la protection de l’habitat et de la ressource, et apportent une meilleure abondance et disponibilité des ressources pour les pêcheurs dans des zones à proximité. 
  • Est-ce que les questionnaires envoyés aux PN seront envoyés aux autres pêcheurs? 
    • Tout le matériel sera distribué la semaine prochaine en prévision des ateliers, dont les questionnaires. 
  • Les mesures de gestion spatiale incluent l’entièreté du golfe, il y a des zones de pêche par espèces, des zones de conservation̶  il faudrait standardiser le tout à l’international. N’avons-nous pas atteint la cible de couverture déjà? Il est nécessaire de tracer des lignes, il y a déjà des mesures en place sans avoir d’espace délimité, mobile. 
    • L’exercice que le MPO veut faire est de voir si on peut reconnaître ce qui est déjà fait en fonction des critères internationaux. Quelles mesures déjà en place répondent aux exigences, en mettre davantage si nécessaire. Les ateliers prévus en janvier vont exactement dans ce sens. 
  • On indique que lors d’une rencontre l’an dernier il avait été mentionné qu’aucune autre mesure ne serait entreprise en vue de l’objectif de 2030 après le parc Saguenay. La présentation actuelle montre de nouvelles mesures à mettre en place. 
    • Les zones en vert sont déjà des mesures existantes. Le RPPSG mentionne qu’il attend des nouvelles pour un projet de permis de pétoncle à Chandler. 
  • On rappelle de consulter Pessamit qui est touché par une grande partie de l’agrandissement du parc marin. 
    • Un suivi sera fait. 
  • Le parc aurait des limites spatiales fixes même si les habitats préférentiels des espèces se déplacent avec les changements climatiques et on demande si un concept de protection mobile serait accepté au niveau international.
    • Le sujet a été abordé à l’international, mais aucune approche formelle en ce sens n’a encore été développée. Les changements climatiques sont par contre considérés dans les discussions et approches, dont celles des ateliers en janvier. 
    • La pêche peut être gérée avec des outils plus flexibles qu’avec des aires marines protégées, dont le système de délivrance de permis. 
    • Un exemple concret d’ajustement est les premières mesures pour la BNAN qui étaient des zones fixes de fermeture pour toute la saison. Maintenant les fermetures sont temporaires, saisonnières. 
  • Est-ce que le protocole de fermeture dynamique pour la BNAN pourrait faire partie du 30% reconnu par l’international même si c’est une mesure temporaire? 
  • On a un système unique dynamique pour protéger les espèces et les pêcheurs. Il y a des discussions à l’interne pour voir comment on peut construire des ponts entre l’approche de gestion dynamique et la reconnaissance de zones spatiales reconnue au niveau international. Les critères sont pour l’instant rigides et s’appliquent à des zones fixes appliquées à longueur d'année. On se pose les mêmes questions pour faire reconnaître nos différentes mesures dans le 30%. 

Discussion sur les initiatives mises en place auxquelles l’industrie de la pêche doit s’adapter : Quelles sont les opportunités, solutions, obstacles à surmonter?

Gil Thériault de l’Association of Inshore Fishermen of Magdalen Island agit à titre d’animateur pour la discussion.

  • Pour lancer la discussion, il parle des appâts de viande de phoque déjà employés dans plusieurs pêches en Scandinavie et qui, selon une étude, sont efficaces. Avec le moratoire sur le maquereau et le hareng, la viande de phoque peut être vue comme une solution. Autant le phoque peut être une menace qu’il représente une opportunité vue sa grande disponibilité. 
  • Un problème de marché est parfois appréhendé, mais on connaît un cas d’un boucher aux IDM qui ne peut même pas répondre à la demande. En plus de la viande, la peau et l’huile sont en demande. Le potentiel est là, mais une meilleure organisation, dont des installations et une formation de la main-d’œuvre sont nécessaires, ce qui va cependant prendre des années.  II n’y a plus de chasseur de phoque, mais des gens demandent à être impliqués dans la chasse, comme de nouveaux détenteurs de permis endettés et pris avec le problème de prédation du phoque. Selon la MMPA, si le phoque est utilisé comme appât le produit ne peut être vendu aux États-Unis, mais il y a des solutions, les produits destinés aux marchés américains ne seraient pas appâtés par de la viande de phoque. Gil ouvre ensuite la discussion sur cette opportunité. 

Questions, commentaires et réponses :

  • Il faut faire comprendre aux États-Unis que le phoque gris n’est pas en danger. Gil Thériault indique qu’il y a de la pression sur le gouvernement pour la protection du phoque. Une méconnaissance du produit a été constatée au Boston Seafood Show mais il y a un intérêt. On questionne la pertinence du MMPA s’il met le phoque et la baleine sur le même pied d’égalité. 
  • Des millions de dollars sont perdus par la non-exploitation du phoque ou des impacts négatifs qu’il engendre comme la perte de revenu à cause de la disparition de ressources comme la morue. L’industrie de la pêche n’est pas bien défendue, les avantages de la chasse au phoque devraient être présentés à l’international par le gouvernement et pas par les pêcheurs. 
    • L’embargo sur le phoque en Europe est basé sur des raisons morales. L’embargo ne touche pas les autochtones et on peut voir cette chasse pour des raisons de conservation. Il faudrait utiliser ces leviers. 
  • Quel est l’état du marché à Terre-Neuve-et-Labrador (TNL)? 
    • Le phoque est considéré et réglementé comme de la viande au Québec, mais comme du poisson à TNL et peut être vendu à quai. Ce n’est pas uniforme dans un même pays. TNL est une province mieux équipée en termes de main-d’œuvre, d’expertise et d’installations pour la chasse au phoque. La chasse y prend une place importante.
  • Une publication avait pointé du doigt les chasseurs comme responsables de l’extinction du phoque même si on sait que la population est importante. Avant de penser à un plan d’affaires, il faudrait s’occuper des fausses idées sur la chasse au phoque. 
    • Oui, mais la meilleure façon d’avancer est d’amener des produits de qualité aux gens. Faire goûter pour que les gens soient prêts à écouter. 
  • Comment promouvoir le marché? La chasse doit être développée avant de mettre les usines de transformation en marche. 
    • Il est plus difficile de chasser le phoque gris comparativement au phoque du Groenland entre autres à cause de la réglementation. Une mise à jour de la réglementation avec le phoque gris serait un bon départ. 
  • C’est surprenant que TNL soit mieux organisé tandis qu’on dit que les spécialistes sont aux IDM. 
    • Le Québec a de l’avance sur la qualité et la diversité du produit tandis que TNL travaille plus vite et gère de gros volumes, surtout pour la peau. 
  • En considérant que TNL chasse en plus grande quantité, il y a moins de problèmes avec le contrôle des populations. Toutefois, le phoque du Groenland se trouve de façon saisonnière à TNL tandis qu’au Québec c’est le phoque gris sur lequel nous avons presque perdu le contrôle dans le sud du golfe. Le phoque gris est un animal intelligent, il se réorganise selon les dangers. Il doit y avoir une préparation pour le contrôle de la prédation par le phoque gris qui semble s’en venir dans le nord du golfe. 

Bilan économique des pêcheries depuis les 10 dernières années

Simon Desrochers effectue la présentation qui porte sur les dix dernières années (2014-2023). Il est à noter que l’année 2023 est considérée comme préliminaire.

Questions, commentaires et réponses :

  • On voit de manière positive que l’âge moyen a seulement augmenté de deux ans en dix ans, c’est peut-être un signe de la présence de relève. Est-ce que le revenu réel présenté est le revenu brut ou net de l’entreprise? 
    • Pour la première affirmation, comme la médiane est à 56 ans ce qui veut dire que la moitié en haut de 56 ans, à 10 ans de la retraite à 65 ans.  Pour la question sur le revenu, il s’agit du revenu brut. 
  • Est-ce que les données des contingents incluent tous les permis, c’est-à-dire communautaires commerciaux et commerciaux? 
    • Oui, c’est le contingent de la flottille entière, incluant donc les permis communautaires commerciaux.
  • On demande des précisions sur la façon qu’on attribue un débarquement à une région comme, disons dans la zone 17B Anticosti dans le homard, est-ce que les débarquements sont compilés pour le secteur de la Côte-Nord? 
    • Le lieu de débarquement est utilisé, les données ne sont pas liées à la résidence du pêcheur qui effectue le débarquement. 
  • Y a-t-il des prédictions sur le prix du crabe? 
    • Le crabe en été était de 5$ US et autour de 6$ maintenant. 

Simon est attitré au crabe des neiges et à la crevette au sein des services stratégiques. 

Consultations nationales sur les politiques: Ce que nous avons entendu

Jean-Michel Poulin effectue la présentation.

Denis Madore et Jonathan Postnikoff de l’administration centrale sont également présents en ligne pour répondre aux questions des participants.

  • Jean-Michel Poulin profite de l’occasion pour rappeler l’élaboration d’une politique régionale d’émission de permis de pêche. Cette année, le MPO souhaite faire avancer cette priorité et il y aura des consultations de l’industrie sur les grandes lignes de cette politique probablement via le sous-comité de liaison, mais aussi des consultations étendues à l’ensemble de l’industrie au Québec.

Questions, commentaires et réponses :

  • Est-ce que la politique de délivrance des permis est la même pour le Québec entier ou chacune des régions aura sa propre politique? 
    • Cette politique est au niveau du Québec et non au niveau national. D’autres régions (TNL, Golfe, et les Maritimes) ont leur propre politique régionale qui découle de la politique nationale. Le point de départ sera la réglementation et les politiques déjà en place, et décliné s’il y a des spécificités régionales pour répondre à des enjeux plus particuliers. La politique nationale demeure la politique de départ. Les politiques régionales sont complémentaires, en tenant compte des spécificités qu’on ne trouve pas ailleurs. La politique nationale va continuer de primer. La présentation de l’an dernier sera fournie et sera discutée en SCL. Le MPO va solliciter l’ensemble de l’industrie pour le contenu de cette politique régionale.

Présentation sur la prédation du homard

O’Neil Cloutier effectue une présentation sur la prédation par le bar rayé, une espèce de poisson de plus en plus abondante. Il s’agit de la présentation qui a été reportée la veille.

  • Avec cette présentation, M. Cloutier veut soulever l’étendue de la présence du bar rayé. Il demande au MPO d’étudier la prédation du bar rayé sur le homard. Une étude en 2016 indique que le bar rayé n’a pas d’impact même s’il est un gros prédateur du homard. Un avis scientifique est nécessaire. Même si le MPO ne gère pas le bar rayé, il est listé comme espèce en péril. Les résultats de l’avis permettraient peut-être de le retirer de la liste. On demande si c’est une situation qui s’est vue ailleurs qu’au Québec. 

Questions, commentaires et réponses :

  • Beaucoup d’individus de bar rayé sont présents dans l’Anse-au-Griffon et peuvent remonter jusqu’à 2 km en amont. Ce phénomène n’est pas nouveau, la situation a été observée il y a deux ou trois ans. 
  • Le bar rayé est rendu à Natashquan dans une rivière à saumon. Le bar rayé a souvent été rencontré lors de pêches scientifiques au homard dans les deux dernières années. La situation a été signalée au ministère de la faune. Il y a eu des démarches pour faire des études avec le provincial, mais sans réponse. Le MPO a été informé qu’il y avait une demande pour lancer un projet de pêche scientifique pour la Côte-Nord, mais les moyens de financement restent incertains. Le problème n’est pour l’instant pas reconnu, mais il doit être adressé, car le bar rayé est présent sur la Côte-Nord et fait des dommages.
  • Le bar rayé est présent aux Escoumins, dans l’Anse-aux-Basques, dans la rivière Saguenay, dans la baie Sainte-Marguerite et en eau douce. Nous sommes à cheval entre deux sous populations de bar rayé, il y a confusion entre les deux sous-populations et un manque de connaissances scientifiques. 
  • Avec 40 ans d’expérience dans le domaine, un participant indique que les stocks sont évalués par espèce et que la prédation n’est pas tenue en compte. Cette prédation devrait être considérée dans la mortalité naturelle. La prédation du phoque gris aurait dû être prise en compte il y a plusieurs années sur les stocks pélagiques, mais rien n’a été fait. La même erreur ne devrait pas être commise avec le bar rayé. 
  • Les changements environnementaux sont plus rapides que les décisions prises dans le système. C’est une cause ayant de l’importance pour l’AGHAMM qui y voit un beau projet conjoint entre le MPO et l’industrie. Il pourrait y avoir des discussions avec les biologistes sur les études en cours ou à venir. 
  • Le MPO rappelle que la population de bar rayé de la Miramichi n’est pas considérée comme menacée, mais celle du Saint-Laurent a été déclarée comme disparue par le COSEPAC. Il y a eu de la réintroduction de bar de la population de Miramichi dans le Saint-Laurent. Le bar rayé est une espèce qui migre sur de longues distances et revient à son point d’origine. La question de l’origine du bar rayé sur la Côte-Nord est inconnue, la génétique du bar dans le Saint-Laurent est la même que celle de Miramichi. Au Québec, la gestion de la pêche du bar rayé relève de la responsabilité du gouvernement provincial comme c’est le cas pour les espèces d’eau douce ou qui migrent entre l’eau douce et l’eau salée. Il faut donc continuer à travailler avec le gouvernement provincial. Le MPO de la région de Québec peut être un agent de liaison entre la région du Golfe qui, elle, gère la population de Miramichi, et le gouvernement provincial. Un projet conjoint est une bonne idée. Le Conseil de la PN des Innus d’Essipit indique qu’il peut aider dans les relations MPO-provincial.
  • Actuellement la population de bar rayé de Miramichi est gérée par le MPO de la région du Golfe. Le MELCCFP a mentionné qu’il existe un projet pilote de pêche communautaire commerciale autochtone du côté du golfe. Dans la région ici, il n’y aura pas de permis de pêche commerciale avant d’avoir une étude du stock et de la viabilité de la pêche de cette espèce. 
  • Y a-t-il une étude de l’impact du bar sur d’autres espèces commercialisées? 
    • La question devrait être posée au MELCCFP.  
  • MPO a le pouvoir de gérer les prises accidentelles et pourrait permettre la garde des prises accessoires de bar rayé.
    • La proposition est prise en note par le MPO. 
  • Le MPO devrait identifier les personnes qui s’occupent du bar rayé sur le site internet pour faciliter et supporter les discussions avec le provincial. 
    • Maryse Lemire suggère de contacter son équipe qui pourra partager les informations.

Quel avenir pour la pêche au Québec? Partie 1

Claudio Bernatchez et Judy Doré agissent à titre de modérateurs pour les discussions.

  • L’atelier fait suite à une discussion ayant eu lieu lors du CL de décembre 2022 sur l’avenir des pêches. Plusieurs rencontres du SCL ont eu lieu dans la dernière année et ont mené à des présentations pour le présent CL sur la thématique de l’avenir des pêches.

Membres du panel :  Gil Thériault, Jean-René Boucher, Emmanuel Sand-Duguay et Julie Monger.

Les points amenés l’an dernier étaient :

  • La prévention et les solutions, l’innovation, la définition d’une vision, la flexibilité décisionnelle et la résilience;
  • Miser sur la qualité des produits de niche et non sur le volume. Offrir une variété. Valoriser les prises accessoires;
  • La collaboration accrue au sein de l’industrie. Une forte alliance des pêcheurs. Le partage des ressources halieutiques; et
  • La promotion des produits de la pêche sur des forums internationaux, l’écocertification et l’autonomie alimentaire. 

Réponses et commentaires du panel des représentants de pêcheurs :

  • Y a-t-il un intérêt pour collaborer à développer un plan stratégique commun?
    • Jean-René Boucher pense que oui, un travail est déjà en cours même si ce n’est pas officiel. Beaucoup d’efforts de concertation entre le MPO et l’industrie sont faits. L’industrie a une volonté de travailler ensemble et une capacité de communication pour devancer les comités consultatifs. 
  • Quel est le poids relatif du Québec dans les pêches au Canada?
    • Emmanuel Sandt-Duguay seconde qu’il est pertinent de se rassembler, une période de crise approche et une crise amène de l’innovation. Il faut trouver des solutions collectivement, de très bons échanges ont cours lors du CL. Dans l’échiquier politique des pêches de l’atlantique, le Québec est petit, et on a intérêt à se rassembler, tant les PN que le reste de l’industrie. Comme mentionné hier, nous sommes dans l’imprévisibilité et devons faire des choix ensemble pour nous préparer à cette imprévisibilité.  
  • Quel est l’objectif des acteurs de l’industrie de travailler ensemble?
    • Julie Monger est d’accord avec ce qui a été mentionné, ce n’est pas une question de volonté, mais une nécessité. La Côte-Nord est souvent une région oubliée, mais des efforts ont été faits par la Coallition maritime de la Côte-Nord et c’est possible de faire de même à l’échelle du Québec. 
  • Aux Îles-de-la-Madeleine (IDM), comment est le travail de collaboration?
    • Gil Thériault demande pourquoi il n’y aurait pas seulement une association sur les IDM, regroupant plusieurs pêches. Il y a une volonté de travailler ensemble, mais il y a une désorganisation. Ce serait plus facile tout le monde ensemble, avec une réduction des coûts de locaux et des administrateurs. La langue n’est pas une barrière. Pour l’instant on divise notre influence, ce qui est non productif.

Commentaires de participants :

  • Il serait peut-être sage de faire une concertation avec d’autres provinces. Ce sont les mêmes conditions, des problématiques qui touchent tout le monde. Se rassembler avec des associations des autres provinces pour avoir plus de poids à Ottawa.
  • Il y a un besoin de travailler ensemble, un regroupement des activités pour être plus fort. Se regrouper pour avoir des actions concertées structurantes et plus d’accessibilité à des ressources humaines et du financement. Il y a un très bon travail de la part de la Fédération Canadienne des Pêcheurs Indépendants avec des échanges interprovinciaux, le réseau existe et est actif. Les besoins en ressources humaines et le financement sont un sujet central dans les rencontres hebdomadaires qui prennent toutefois beaucoup de temps. 
    • Qu’est-ce que ça prend dans la prochaine année? Les choses de l’an dernier ont été abordées, mais quoi faire l’an prochain pour aller plus vite? 
      • Emmanuel Sandt-Duguay a pensé à un programme PPP : prévisibilité, Premières Nations, avec qui le dialogue est important, et un autre «p» pour le phoque, qui est un problème commun à tout le monde, tant à l’industrie qu’au gouvernement. Le phoque est une flottille de pêche non contrôlée en soi. Il faut s'attaquer à la question des appâts et initier un projet pour l’an prochain avec la mobilisation des intervenants.
    • Qu’est-ce que ça prendrait donc d’ici décembre 2024 pour développer et mettre en application une vision et une stratégie commune? Ça se traduit comment dans le quotidien? 
      • Jean-René Boucher répond que le processus va prendre une simplification des mécanismes et des directives administratives. La volonté est là, mais il y a des obstacles dans la gestion qui ralentissent le processus, dont l’attente de réponses. Même avec des ressources humaines et monétaires, il faut une volonté politique aussi. 
    • Et au niveau organisationnel? 
      • Un participant indique que ça prend un premier projet porteur pour tous. Si on parle de partage de ressource, il va y avoir des conflits. Un premier projet permettrait de travailler ensemble sans chicane. 
    • Qui va parler du projet et à qui? Quelle est la première étape? 
      • La mise en place d’une alliance des pêcheurs professionnels? Pêcheurs hauturiers? Une fédération canadienne? Plusieurs demandes viennent de partout, une demande d’un regroupement aurait plus de poids.
      • Un participant indique qu’il devrait y avoir une mobilisation en sortant du CL et ne pas attendre après le gouvernement. Que l’industrie doit s’occuper elle-même d’avancer, se regrouper. 
        • Gil Thériault est d’accord, il y a un besoin d’un mandat et un échéancier. Peu importe les bonnes intentions, ça n’ira nulle part autrement.

Quel avenir pour la pêche au Québec? Partie 2

Quel devrait être l’objectif de réflexion commun de l’industrie sur l’avenir des pêches?

  • Gil Thériault pense que le blason de pêcheur doit être redoré. Les gens ont une mauvaise opinion des pêcheurs et des chasseurs de phoques. Il en convient qu’il y a un besoin d’amélioration, mais il faut faire réaliser que la pêche est peut-être la meilleure façon de nourrir la planète. Un des gros problèmes de la baisse de la biodiversité est l’homme. La pêche prélève des ressources sans empiéter sur l’espace de la nature comme des champs labourés. 

Commentaires de participants :

  • L’objectif est de se représenter adéquatement, mais il reste à établir la structure. 
  • Il serait intéressant que le prochain CL soit coprésidé industrie-MPO. Un objectif qui peut être discuté avec le SCL. 
  • Une concertation existe déjà, mais il y a un manque d’échange entre les différents paliers de gouvernement. En réponse à un regroupement, chacun des groupes ou associations doit garder leur droit de parole, il existe plusieurs opinions et plusieurs situations différentes. Oui les associations doivent se parler, mais pas se résumer à un seul discours d’une seule association. C’est un gros mandat au point de vue infrastructurel et organisationnel. Une seule instance faciliterait le travail pour le MPO, mais serait un gros fardeau sur l’organisation. 
  • La Coallition Maritime de la Côte-Nord n’est pas au détriment des autres associations qui persistent. Les réalités et leurs enjeux sont différents, mais il y a beaucoup de projets et d’enjeux en commun pour lesquels les associations ont moins de force individuellement. Le nerf de la guerre est de trouver du financement.
  • L’existence des associations est nécessaire pour une représentation locale dont les PN. Un regroupement est possible pour des problèmes et enjeux communs sans dénaturer les regroupements individuels. Il reste à savoir comment le faire tout en intégrant les PN.  
  • Il faut repenser à une restructuration, car on ne peut pas faire des associations pour toutes les pêches dans chaque zone. 
  • La crainte n’est pas que les associations disparaissent, mais bien que le message soit apporté au MPO par une seule instance. 
  • L’exemple de la Coallition de la Côte-Nord est faisable, chaque association pourrait avoir un représentant. Une grande entité pourrait servir à l’image des pêcheurs, promouvoir la vente des produits et mousser le métier avec la relève. 
  • Malgré les tensions et les différences, il y a une belle amélioration du CL. Depuis deux ans, il y a des discussions et un mouvement de fond pour se rassembler. 
  • On peut travailler sur l’image de l’industrie, comme a fait l’industrie laitière ou celle du porc au Québec qui, avec des publicités, ont été vers une image commune même s’il y avait des différences. Il faut redorer l’image du métier, montrer qu’on protège les fonds marins, qu’il y a une relève ainsi qu’un partenariat allochtones/autochtones. 
  • Au niveau du MAPAQ, le budget des pêches ne représente que 5%. Un regroupement pourrait avoir plus de poids au niveau du MAPAQ. 
  • La commercialisation et la mise en marché sont surtout faites par l’AQIP, mais on n’a même pas de produit disponible. On met la faute sur les pêcheurs, mais il faut que la population de consommateur embarque et consomme. Il faut travailler le marché local et les pêcheurs doivent se réapproprier ce qui est présentement dans la cour des transformateurs. 
  • Une tendance du public de mieux consommer est observable. Il faut leur faire comprendre que les fruits de mer et le poisson locaux sont mieux que le tofu d’ailleurs. Parfois il faut que ça aille mal pour avancer. 
  • Qu’advient-il de l’Alliance des Pêcheurs Professionnels du Québec (APPQ)? 
    • L’APPQ existe toujours, mais elle n’a pas la capacité de prendre le mandat de mettre sur pied une organisation fédérale. Le défi est trop grand, ça prend une structure et des fonds. 
  • Il faut du temps et de l’engagement pour y arriver, on aimerait voir des démarches et des engagements à très court terme. 
  • Tous sont différents, mais il faut prendre conscience que tout le monde est dans le même bateau, puisqu’il y a beaucoup d’enjeux communs. Les discussions sont un bon pas, il faut continuer le dialogue et faire perdurer le patrimoine.
  • La concertation est importante pour le MAPAQ, que les pêcheurs partagent leurs enjeux pour trouver des solutions. Il y a des enjeux généraux et spécifiques aux flottilles. Une association de plusieurs joueurs serait bien sans prendre le dessus sur les autres associations.
  • On souligne qu’il y deux situations : il n’y a plus de turbot ni de crevette et une bonne nouvelle, il y a du sébaste et du homard. La Côte-Nord est prête à recevoir des permis de homard. Avoir une ministre du Québec qui est impliquée est une bonne opportunité. On a une solution pour aider notre industrie et le MPO a toujours dit qu’il n’y a rien comme une solution qui vient de l’industrie sur laquelle tout le monde est d’accord. Alors ici on est d’accord de partager le sébaste pour les pêcheurs ayant plus de misère et l’émission de permis de homard sur la Côte-Nord. 
  • Il faut prévoir des mécanismes de survie pour les flottilles en difficulté, même si c’est temporaire. Avoir de la souplesse.
  • Il serait pertinent de partager les contacts des gens présents. Le MPO a les coordonnées des membres du CL qui peuvent être partagées par le MPO. Les membres pourront confirmer leur accord au MPO pour partager leurs informations. 

Claudio Bernatchez met fin au panel.

Mot de la fin

Maryse Lemire conclut la rencontre en soulignant qu’il y a eu deux jours d’échanges très riches. L’information partagée en après-midi a permis de mettre la table pour une belle discussion et on espère que ça va se poursuivre après la rencontre. 

  • Elle a reconnu une volonté de se rassembler, un désir d’identifier des projets communs ou des enjeux collectifs qui parlent à tous. Des éléments méritent réflexion comme de s’assurer de la relève, la valeur des permis qui a explosé, revoir ensemble des éléments de gestion qui font que nos interactions sont parfois plus difficiles, ainsi que plus de cohérence entre les flottilles dans les directives administratives du MPO. 
  • Nous avons la chance de pouvoir compter sur l’appui de Patrick Vincent (présent dans la salle) jusqu’à la fin mars 2024. Il n’est pas là pour réfléchir à la place de l’industrie, mais peut apporter son aide pour préparer les rencontres, stimuler la réflexion ainsi que résumer ce qui aura été entendu au cours des rencontres. Le MPO met à disposition le soutien de Patrick, mais l’initiative doit venir de l’industrie. 
  • Maryse énumère des questions dans le but d’alimenter les réflexions pour la suite : 
    • Collectivement, quels sont les principaux enjeux de l’industrie de la pêche au Québec?
    • Quelles seraient vos priorités, à court, moyen et long terme à aborder?
    • Quels sont les principaux obstacles qui limitent la capacité à faire face à l’avenir?
    • Quelles sont les principales opportunités?
    • Autres éléments : mécanisme de soutien quand une flottille est en difficulté. 
  • Un constat a été fait par plusieurs, la bonne entente au sein du CL. Elle remercie les participants pour leur participation et remercie Judy pour l’organisation. Elle note que ça fait la différence sur le CL quand on réussit à mobiliser l’industrie dans les préparatifs. 
  • Le MPO va retourner le lien pour récupérer les différentes présentations. Le MPO va également revenir par courriel pour les suivis personnalisés. Le compte-rendu sera partagé et les discussions au sein du SCL se poursuivront. 

Maryse souhaite un bon retour à tous les participants et souhaite également de joyeuses fêtes.