Le capelan est une espèce clé de l’écosystème du nord du golfe du Saint-Laurent, car il en est la principale espèce fourragère (qui sert d’aliment pour d’autres espèces). Proie essentielle de la morue, le capelan fait aussi partie de l’alimentation d’une multitude d’espèces marines : les flétans, plies, saumons, rorquals, bélugas, dauphins, marsouins, phoques, fous de Bassan et autres oiseaux marins en consomment en grande quantité. Lorsque des millions de capelans viennent frayer sur les plages, c’est le rendez-vous pour se nourrir de cette manne phénoménale.
Capelans durant la fraie
Photo : Louise Proulx

Les œufs de capelan sont également un aliment important pour certains poissons, dont la plie rouge. Les œufs de capelan constituent une importante partie de leur diète, en particulier chez les petites plies (de 14 à 34 cm de longueur), pour lesquelles ils représenteraient plus de la moitié (59 %) du poids des aliments ingérés.1
Malgré sa grande importance écologique, le capelan du golfe du Saint-Laurent a fait l’objet de peu de recherche. Beaucoup de questions primordiales demeurent sans réponse en ce qui concerne l’évaluation de son abondance, la répartition des différentes populations, la localisation et la qualité des frayères riveraines et démersales (sur les fonds marins).
1K. T. Frank and W. C. Leggett. Selective Exploitation of Capelin (Mallotus villosus) Eggs by Winter Flounder (Pseudopleuronectes americanus): Capelin Egg Mortality Rates, and Contribution of Egg Energy to the Annual Growth of Flounder. Can. J. Fish. Aquat. Sci. 41(9): 1294–1302 (1984).