Pourquoi des bonnes pratiques pour l’observation des mammifères marins au Québec?

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M. Loiselle

Les responsabilités de Pêches et Océans Canada

Pêches et Océans Canada est responsable de la conservation et de la protection des ressources marines au Canada, y compris les mammifères marins, bien que d’autres ministères aient également des rôles et responsabilités à ce sujet.

Des lois, des règlements et autres mesures non réglementaires sont mis de l’avant pour remplir ce mandat. Des initiatives sont également en cours afin de permettre à Pêches et Océans Canada de se doter d’outils de gestion et de conservation plus adaptés à la grandeur du pays. Certaines de ces initiatives sont propres au Québec. Durant la période transitoire menant à l’adoption et l’application de ces nouveaux outils de gestion, le Ministère juge important de fournir dès maintenant des messages clairs au grand public sur les approches à adopter en présence de mammifères marins. Consultez notre site régulièrement afin de suivre l’évolution des différents dossiers.

Le dérangement reconnu comme une menace

L’observation des mammifères marins est une activité de plus en plus populaire au Canada. Le Québec, principalement l’estuaire du Saint-Laurent, est un important site pour ce type d’activité. Des observateurs bien intentionnés peuvent involontairement déranger les mammifères marins en les éloignant de leur habitat préférentiel ou encore, en perturbant leurs activités normales comme l’allaitement et l’alimentation. Dans certains cas, l’observation des mammifères marins peut accroître les risques de blessures par collision ou par les hélices des bateaux.

Dans un rapport publié en 2001 par Jon Lien (PDF, 328 ko), chercheur renommé de l’Université Memorial de Terre-Neuve, il est fait mention que « les activités d’observation peuvent perturber les animaux, soit individuellement ou en bande, et que si ces perturbations sont répétitives et soutenues, à la longue elles peuvent nuire à la conservation des espèces ». Plusieurs autres études à travers le monde relèvent également les divers impacts qui peuvent être associés à l’observation des baleines.

Lorsque nous approchons les mammifères marins trop rapidement ou trop près ou faisons trop de bruit, nous risquons de perturber leurs activités et de stresser inutilement les animaux. Pour continuer à les observer encore longtemps, il faut minimiser notre impact.

Les principes retenus pour le développement des bonnes pratiques

Ces bonnes pratiques sont conçues à l’intention du grand public (incluant les adeptes de kayak de mer, voile, embarcation à moteur, randonnées pédestres).

Elles visent plus spécifiquement à : 

  • minimiser le dérangement et le stress des mammifères marins
  • réduire les risques de collisions avec ces animaux 
  • offrir une protection particulière aux espèces en péril

Elles ont été développées en tenant compte des lois et règlements en vigueur ainsi que des initiatives en cours. Une attention particulière a été portée afin :

  • d’assurer une cohérence avec les modifications proposées au Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches
  • de prendre en compte les objectifs de la Loi sur les espèces en péril
  • de privilégier une démarche soutenant les objectifs du projet de zone de protection marine (ZPM) Estuaire du Saint-Laurent
  • d’assurer une cohérence avec le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin Saguenay–Saint-Laurent 
  • d’adapter les bonnes pratiques aux particularités des espèces (statut, fragilité)
  • d’adapter les bonnes pratiques aux particularités des secteurs (ex.: intensité des activités d’observation, fréquentation par les mammifères marins)
  • de tenir compte du principe de précaution 

Des mesures spécifiques sont proposées pour certains secteurs ou espèces afin de tenir compte de ces particularités.

Le contexte légal

Les lois et règlements en vigueur ont préséance sur les présentes bonnes pratiques. Il incombe donc à chacun de s’informer des règles qui prévalent dans le secteur qu’il fréquente et de les respecter.

Carte - Le Québec maritime

Le Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches

Le Règlement sur les mammifères marins interdit de perturber ces espèces (baleine, phoque et loutre de mer). Toutefois, ces dispositions n’informent pas le public sur les comportements jugés inacceptables lors de l’observation des mammifères marins dans leur environnement naturel. Ce règlement est actuellement en révision et a fait l’objet de consultations exhaustives à l’échelle du Canada.

Règlement sur les mammifères marins

La Loi sur les espèces en péril

La Loi sur les espèces en péril (LEP) a été promulguée en juin 2003. La Loi a pour objet d'empêcher la disparition des espèces indigènes, des sous-espèces et des populations distinctes du Canada; de prévoir le rétablissement des espèces en voie de disparition ou menacées; et de favoriser la gestion des autres espèces pour empêcher qu'elles ne deviennent des espèces en péril. Actuellement, cinq espèces de mammifères marins que l'on retrouve dans le Saguenay, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent figurent sur la liste officielle des espèces en péril de la LEP. 

Loi sur les espèces en péril

Espèces aquatiques en péril au Québec

Site d'intérêt de l'estuaire du Saint-Laurent  

L’estuaire du Saint-Laurent est reconnu internationalement comme une zone importante pour de nombreuses espèces de mammifères marins qui le fréquentent à l’année ou de façon saisonnière. Chaque année, de nombreux mammifères marins, dont les grands rorquals, y migrent pour s’y alimenter et emmagasiner des réserves énergétiques en prévision de la période de reproduction. De plus, l’estuaire est aussi un habitat important pour le béluga et le phoque commun qui y résident à l’année. Plusieurs des espèces fréquentant l’estuaire figurent sur la liste des espèces en péril au Canada.

Le site d'intérêt pourrait mener à la création d'une zone de protection marine d'une superficie approximative de 6000 km2 adjacente au parc marin du Saguenay-Saint-Laurent créé en 1998. Il n'inclut pas le territoire du parc marin mais est complémentaire à celui-ci. Le territoire couvert correspond à l'aire de répartition estivale du béluga, à la grande majorité des sites fréquentés par la population de phoque commun de l'estuaire, et à d'importantes aires d'alimentation du rorqual bleu. La zone retenue coïncide avec celle où les pressions sur les mammifères marins sont les plus fortes dans le Saint-Laurent.

Site d'intérêt de l'estuaire du Saint-Laurent

Le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent 

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent couvre une section de l’estuaire du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay. Il a une superficie de 1138 km2. Il vise à rehausser le niveau de protection des écosystèmes marins de ce territoire à des fins de conservation, tout en favorisant leur utilisation à des fins récréatives, éducatives et scientifiques. Il vise notamment à assurer une gestion adéquate des activités s’y déroulant, et ce, en conformité avec ses objectifs de conservation. Un règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, adopté en 2002, régit les comportements à adopter à proximité d'un mammifère marin tant pour les entreprises commerciales détenant un permis d’observation que pour le grand public.

Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent