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Bulletin d’information pour le Québec
Décembre 2017-janvier 2018/volume 21/numéro 1

Les récifs artificiels sous la loupe des biologistes de la Protection des pêches

Photo sous-marine d'un homard à moitié caché sous une grosse roche
MPO  J. Beauchamp
Homard utilisant une roche du récif artificiel à homards comme abri.
Photo sous-marine d'une plongeuse près d'un amoncellement d'algues
MPO  S. Boudreau
Récif artificiel multiespèces.
Photo sous-marine d'une plongeuse prenant des notes sur sa tablette
MPO  J. Beauchamp
La plongeuse Sophie Boudreau près d'un récif artificiel à homards.

Au cours de l’été 2016, les biologistes de la Protection des pêches ont entrepris un programme de suivi systématique des récifs artificiels aménagés aux Îles-de-la-Madeleine, en Gaspésie et sur la Côte-Nord. Ils effectuent des plongées pour aller voir si les organismes marins utilisent ces récifs, si la faune et la flore en ont fait leur habitat. Bref, ils veulent évaluer et documenter l’efficacité et la durabilité de ces aménagements.

Les récifs artificiels sont aménagés notamment par des entreprises ou des ministères qui réalisent des projets en milieu marin. Ils servent à contrebalancer les dommages sérieux causés aux poissons et à leurs habitats par des projets tels que la construction d’un brise-lames ou l’agrandissement d’un havre de pêche.

Deux types de récifs artificiels
Depuis quelques années, deux types de récifs artificiels ont été aménagés sur le fond marin, à une profondeur variant de 6 à 10 mètres. Il s'agit des récifs à homards et des récifs multiespèces avec ensemencement de laminaires, des algues de grande dimension.

Les récifs à homards ont une forme rectangulaire de 20 mètres sur 10 mètres. Ils sont composés de roches de grosseurs préétablies et conçus pour assurer les chances de succès et la pérennité de l’aménagement. Ils permettent de créer des aires d’abri et d’alimentation pour le homard à différents stades de son développement. Ces récifs peuvent également être colonisés par une grande diversité d’organismes tels que les laminaires, les moules et les petits gastéropodes, ce qui contribue à augmenter l’abondance de la faune benthique et des poissons.

Les récifs multiespèces, pour leur part, sont de forme pyramidale et d’une hauteur d’environ un mètre. Quelques ouvertures à leur base permettent aux crustacés et aux poissons de les coloniser. Ils sont disposés sur un fond marin propice à leur déploiement et de manière à former des îlots sur lesquels les algues pourront se fixer. Environ 50 % des structures sont ensemencées avec des frondes fertiles de laminaires.

Des récifs stables et durables
Jusqu’à maintenant, les biologistes-plongeurs ont visité dix aires à récifs artificiels pour le homard (soit 45 récifs de 200 m²) et trois aires à récifs multispécifiques (soit 100 récifs de 1 m²). Le succès de ces aménagements est incontestable. Les récifs artificiels sont bel et bien colonisés par une faune et une flore diversifiées. De plus, des homards de toutes tailles sont observés dans les nombreux interstices des récifs installés à leur intention. Bien que quelques récifs aient montré des signes d’instabilité, notamment en raison de l’ensablement, les récifs sont stables dans la majorité des cas et devraient se maintenir pendant encore plusieurs années.

En somme, les plongées réalisées par Pêches et Océans Canada sur les récifs artificiels ont permis à ses biologistes de mieux comprendre les bénéfices de ces aménagements sur le milieu environnant. De plus, quelques recommandations ont pu être formulées aux responsables des récifs dans le but d’augmenter la stabilité des aménagements à plus long terme.

Jacinthe Beauchamp
Gestion des écosystèmes

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