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Bulletin d’information pour le Québec
Août-septembre 2017/volume 20/numéro 4

Les Micmacs sur les traces d’une deuxième frayère de bar rayé au sud du golfe du Saint-Laurent

Photo de quatre personnes déployant une seine de rivage (espèce de filet) sur le bord de l’eau
AGHAMM
L’équipe technique de Gespeg déploie une seine de rivage avant d’identifier les espèces présentes et note la température, la salinité et le type de sédiments et de végétaux. De gauche à droite : Alexis Bernier, Nancy Jalbert, Lisa Arsenault et Yan Tapp.

Depuis l’été 2016, avec l’aide du Fonds autochtone pour les espèces en péril du gouvernement du Canada, les Micmacs de Gespeg et de Gesgapegiag arpentent le rivage sud de la Gaspésie à la recherche de jeunes bars rayés. Ils cherchent à mettre au jour une deuxième frayère au sud du golfe du Saint-Laurent. Dans ce secteur, la seule frayère connue pour soutenir la pérennité de l’espèce demeure encore celle de la rivière Miramichi au Nouveau-Brunswick.

Photo de trois personnes sur le bord de l’eau en train de prendre des mesures et des notes à la suite d’un coup de seine
AGHAMM
L’équipe technique de Gesgapegiag à l’œuvre après un coup de seine. De gauche à droite : Perry Martin, Adam Jerome et Tanya Condo.

340 km de rivage scrutés à la seine
Les équipes techniques de l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite (AGHAMM), soutenues par la Nation Micmac de Gespeg et les Micmacs de Gesgapegiag, ont échantillonné à ce jour près de 340 km du littoral gaspésien. Elles ont complété trois tournées estivales des 69 sites qui se trouvent entre Forillon et Chandler, à l’est de la Gaspésie, et entre Escuminac et Newport, dans la Baie-des-Chaleurs.

Pêches et Océans Canada et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec suivent le projet d’un œil attentif. Certaines avancées, par exemple, pourraient indiquer que la situation du bar rayé du sud du golfe est moins préoccupante qu’elle ne l’était en 2012, lorsqu’elle avait été évaluée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Au-delà des coups de seine
Les équipes de l’AGHAMM ont multiplié les coups de seine mais n’ont pas trouvé de bars rayés juvéniles. Ces équipes, formées aux techniques d’échantillonnage par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, ont aussi étudié la présence de bars rayés adultes dans plusieurs sites. Elles ont identifié les autres espèces présentes et caractérisé les habitats.

Les résultats du projet seront analysés dans les prochains mois. Pour l’AGHAMM et pour les équipes de Gespeg et de Gesgapegiag, le projet est une excellente occasion de diversifier leurs capacités logistiques et techniques de même que leur savoir scientifique. La responsable, Lisa Arsenault, précise que l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Malécite tire avantage « du personnel très bien formé qui porte de l’intérêt au projet et qui est familier avec le territoire. L’organisation a aussi acquis de l’équipement qui sera utile pour des années ». Le chef d’équipe, Adam Jerome, ajoute pour sa part que « parmi ces gens dévoués qui sont sortis par tous les temps, certains ont développé un intérêt qui influence leurs choix scolaires et professionnels ».

Le projet sur le bar rayé du sud du golfe du Saint-Laurent bénéficie du soutien financier du Fonds autochtone pour les espèces en péril du gouvernement du Canada. Celui-ci vise le développement des capacités et la participation active des peuples et des organisations autochtones à la conservation et au rétablissement des espèces en péril. Rappelons que la situation du bar rayé du sud du golfe reste préoccupante aux yeux du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), entre autres parce que le poisson ne disposerait que d’une seule frayère pour assurer sa pérennité.

Myriam Bourgeois
Gestion des écosystèmes

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