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Bulletin d’information pour le Québec
Juin-juillet 2017/volume 20/numéro 3

Le phoque commun des lacs des Loups Marins maintenant protégé par la Loi sur les espèces en péril

Carte illustrant l’aire de répartition des phoques communs au Nunavik.
L’aire de répartition des phoques communs des lacs des Loups Marins est située à environ 250 km à l’est de la baie d’Hudson. Les lacs où ils vivent sont colorés en orange.

Saviez-vous que le Nunavik abrite la seule population connue à ce jour de phoques communs vivant exclusivement en eau douce au monde? La sous-espèce de phoque commun, population des lacs des Loups Marins, se retrouve dans un groupe de lacs du Nunavik situé à environ 250 km à l’est de la baie d’Hudson. On estime que cette sous-espèce est isolée de son habitat marin d’origine depuis les plus récentes glaciations, il y a de cela de 3 000 à 8 000 ans. Connu par les Cris sous le nom d’achikunipi et par les Inuits sous celui de qasigiaq, ce phoque se distingue de ceux vivant en milieu marin par :

  • son pelage particulièrement foncé;
  • son crâne plus large et plat;
  • le fait qu’il vit en permanence en eau douce et se reproduit plus tôt.

Le 3 mai dernier, le phoque commun des lacs des Loups Marins a officiellement été inscrit comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Par ailleurs, le programme de rétablissement de la sous-espèce élaboré avec le précieux apport des représentants des communautés cries et inuites de cette région fait actuellement l’objet d’une consultation. Les personnes qui désirent transmettre leurs commentaires ont jusqu’au 2 juillet 2017 pour le faire sur le Registre public des espèces en péril.

Dans le programme de rétablissement, les lacs des Loups Marins, le lac Bourdel et le Petit lac des Loups Marins ont été désignés comme étant l’habitat « essentiel » de la sous-espèce, ce qui signifie « l’habitat nécessaire à sa survie et à son rétablissement ». Ces lacs, où la présence du phoque commun d’eau douce a été confirmée, pourraient permettre la survie de 300 individus. S’étalant sur une superficie d’environ 750 km², l’habitat essentiel ainsi identifié serait donc suffisant pour soutenir l’objectif de population de 210 individus. Soulignons que cette aire de répartition du phoque commun présentée dans le programme de rétablissement est protégée en vertu de la Loi sur les parcs du Québec depuis la création du parc national Tursujuq en juillet 2013.

Photo d’un phoque commun des lacs des Loups Marins dans son habitat naturel
F. Martin, Société Makivik
Cette sous-espèce de phoque commun vit en eau douce et est unique au monde.

Taille de la population
Au cours des dernières années, des inventaires aériens ont permis d’estimer l’abondance et la répartition des phoques. Il demeure toutefois très difficile d’évaluer la taille de cette population étant donné la grande variabilité des résultats. En 2014, seulement 15 individus ont été aperçus, alors qu’en 2015, ce nombre s’élevait à 52. Il s’agit, bien sûr, d’une évaluation minimale qui confirme qu’au moins 52 phoques étaient présents dans cette zone. Même si des observations historiques témoignent d’une plus grande aire de répartition et d’un taux de capture par la chasse plus élevé, il est probable que cette population n’ait jamais été très nombreuse.

Principale menace
Actuellement, les changements climatiques représenteraient la principale menace pour cette sous-espèce de phoque commun. En effet, ce dernier pourrait avoir de la difficulté à s’adapter à des changements rapides, voire à des événements soudains, notamment en raison de la taille de sa population. La chasse, quant à elle, présente peu d’impact sur la population. Bien que certaines communautés autochtones puissent les chasser de manière opportuniste, ces phoques ne font pas l’objet d’une chasse ciblée.

Pour faciliter le rétablissement souhaité du phoque commun des lacs des Loups Marins, des priorités ont été établies. À court terme, celles-ci consistent à améliorer les connaissances sur l’écologie et à évaluer la taille, la répartition et la composition de la population.

Marthe Bérubé et Virginie Christopherson
Gestion des espèces en péril

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