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Bulletin d’information pour le Québec
Février-mars 2017/volume 20/numéro 1

Une année marquée par une hausse des températures des eaux et la diminution du couvert de glace dans le golfe du Saint-Laurent

Mise à l’eau d’une rosette dans le but de recueillir des échantillons d’eau
MPO  P. Joly
Mise à l’eau d’une rosette en vue de recueillir des échantillons d’eau

Chaque année, à l’aide du Programme de monitorage de la zone Atlantique, Pêches et Océans Canada évalue les conditions d’océanographie physique qui ont cours dans le golfe du Saint-Laurent. Les principaux faits à souligner pour 2016 sont les suivants : troisième couvert de glace le plus faible depuis 1969, eaux de surface estivales les plus chaudes dans l’estuaire du Saint-Laurent depuis 1985 et eaux en profondeur les plus chaudes en 100 ans!

L’hiver El Niño de 2016 a débuté avec des températures de l’air très douces au-dessus du golfe, ce qui a eu pour effet de limiter fortement la formation du couvert de glace de mer, ce dernier atteignant le troisième plus faible volume saisonnier maximal depuis 1969. Une autre conséquence de ce temps doux a été qu’une portion des eaux de surface n’a pas atteint son point de congélation comme cela se passe habituellement chaque hiver sur la majeure partie de l’étendue du golfe. En effet, les eaux de surface situées entre la pointe ouest de l’île d’Anticosti, Port aux Basques et le Parc national Gros-Morne (Terre-Neuve-et-Labrador) sont demeurées largement au-dessus du point de congélation (supérieur à -1 °C). Enfin, au cours de l’été 2016, les épaisseurs et les températures de la couche intermédiaire froide ont été respectivement plus minces et plus élevées que les normales climatiques. Située à une profondeur d’environ 20 à 120 m, cette couche englobe les eaux refroidies durant l’hiver précédent et se situant à des températures inférieures à 1 ou 2 °C.

Yves Gagnon, technicien en océanographie à l’Institut Maurice-Lamontagne, effectuant
MPO  P. Joly
Yves Gagnon, technicien en océanographie à l’Institut Maurice-Lamontagne, effectuant une analyse de la concentration de l'oxygène dans l’eau

Entre mai et novembre, les températures de l’eau de surface ont été en moyenne de 0,6 °C au-dessus de la normale pour l’ensemble du golfe, mais se sont élevées à un niveau record de 1,4 °C au-dessus de la normale dans l’estuaire. Le mois de novembre a lui aussi enregistré un record, la température pour l’ensemble du golfe dépassant la climatologie de 1,7 °C. D’autres records ont en outre été battus aux endroits suivants : estuaire (+1,8 °C), nord-ouest du golfe (+1,9 °C), chenal Esquiman (+1,8 °C), détroit de Cabot (+2,2 °C) et plateau madelinien (+2,0 °C).

Les températures des eaux profondes du golfe continuent de s’élever. Cela s’explique notamment par l’arrivée, en provenance du détroit de Cabot, d’eaux dont les températures ont battu certains records de chaleur au cours des dernières années. C’est le cas du record enregistré en 2015 à une profondeur de 200 m : jamais les eaux n’avaient été si chaudes depuis le début de la prise de données en 1915. Globalement, les eaux de 250 m et de 300 m ont elles aussi atteint des records centenaires en 2016, soit respectivement 6,1 °C et 6,2 °C. La superficie du fond marin recouvert par des eaux aux températures plus élevées que 6 °C a finalement diminué dans le chenal d’Anticosti et le chenal Esquiman, mais a beaucoup augmenté dans le centre du golfe. Il a également fait sa première apparition dans le nord-ouest du golfe.

Peter Galbraith
Sciences

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