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Bulletin d’information pour le Québec
Décembre 2016-janvier 2017/volume 19/numéro 6

Nourrir la mer… pour lutter contre l’érosion des berges

Exemple de rechargement de plage sur la rive d’un village côtier
Ministère de la Sécurité publique

Depuis quelques années, l’érosion des rives est devenue plus importante dans les zones maritimes du Québec. De façon générale, les changements climatiques ont amplifié la vitesse d’érosion du littoral, car non seulement le niveau des mers a monté, mais la fréquence des tempêtes s’est accrue tandis que le couvert de glace – qui protège habituellement les rives contre les assauts hivernaux – a tendance à s’amoindrir.

Le phénomène d’érosion s’explique principalement par la dissipation de l’énergie des vagues sur le littoral. Lorsque celles-ci frappent le rivage et retournent vers le large, elles détruisent la berge ainsi que les éléments fragiles qui la composent (sable, galet, argile, gravier, etc.).

Dans un contexte de changements climatiques et de croissance des tempêtes, il s’avère impossible de résister à tant de puissance venant de la nature. La meilleure stratégie n’est donc pas de s’opposer aux assauts de la mer mais plutôt de s’y adapter. Ainsi, au lieu de construire des structures de rives rigides en béton, en acier ou en enrochement, des ingénieurs ont élaboré une stratégie plus adaptée à l’érosion maritime. Celle-ci consiste à recharger la rive de façon récurrente avec des sédiments recueillis ailleurs et qui ont pour finalité de dissiper l’énergie des vagues sans éroder la rive naturelle.

Pelle mécanique effectuant des travaux de rechargement de plage
Ministère de la Sécurité publique

Cette technique appelée « rechargement de plage » est déjà mise en application à plusieurs endroits au Québec – plus précisément aux Îles-de-la-Madeleine, à Matane et bientôt à Percé –, de même qu’un peu partout dans le monde. Elle offre de très bons résultats.

Les sédiments rechargés sont « mangés » graduellement par la mer et lorsqu’ils disparaissent au gré des tempêtes, on procède à un nouveau rechargement. La fréquence et le volume des rechargements dépendent des conditions locales. Ils sont analysés par des ingénieurs à partir d’une modélisation numérique des observations et des mesures prises in situ et adaptés au fil du comportement réel de la rive.


Elisabeth Marceau
Ports pour petits bateaux

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