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Bulletin d’information pour le Québec
Août-septembre 2015/volume 18/numéro 4

Plonger avec les baleines bleues pour connaître leurs besoins alimentaires!

Aux fins de l’étude, une balise est déposée sur le dos des grands rorquals.
Aux fins de l’étude, une balise est déposée sur le dos des grands rorquals.

Plonger avec les baleines! C’est une image, car il n’est pas permis de plonger avec le grand rorqual ni avec tout autre mammifère marin dans le Saint-Laurent. Mais cet été, grâce à de petits mouchards, une équipe de scientifiques l’a fait, dans le cadre d’un projet qui vise à comprendre où, quand et de quoi se nourrissent les grands rorquals du Saint-Laurent. La chercheuse Véronique Lesage de Pêches et Océans Canada mène ce projet pour une quatrième année, en collaboration avec le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins et le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Pour suivre les baleines bleues en plongée, l’équipe scientifique est sortie sur l’eau deux fois par semaine, de juin jusqu’à la fin août. Une balise, permettant de connaître la profondeur et le moment de chaque bouchée prise par le rorqual, était déposée sur le dos de l’animal à l’aide d’une perche, ou propulsée à l’aide d’une arbalète. La balise, montée sur des ventouses, se détachait d’elle-même en moins de 24 heures. On pouvait alors la récupérer, télécharger les données et la réutiliser.

Alors qu’une équipe suivait les acrobaties sous-marines et les déplacements des rorquals, une seconde équipe quadrillait le secteur afin d’identifier le type, la profondeur et les quantités de nourriture recherchées par la baleine. Ces renseignements ont permis aux experts du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent d’expliquer les fluctuations d’abondance des grands rorquals dans cette région, et à ceux de Pêches et Océans Canada de déterminer le type et la quantité de nourriture nécessaire pour voir et revoir ces géants en grand nombre dans les eaux du Saint-Laurent.

Jusqu’à maintenant, l’étude a démontré que certaines espèces comme le rorqual bleu passent en moyenne environ 70 % de leur temps à s’alimenter. Cette espèce suit également les lois de l’optimalité lorsqu’elle s’alimente (maximum de gain pour un coût énergétique minimal). Quand la nourriture se situe à une plus grande profondeur, le rorqual bleu investit progressivement davantage de temps à se nourrir. Ces dépenses énergétiques plus élevées pour atteindre la nourriture sont compensées en prenant davantage de bouchées par plongée.

Cette information est cruciale pour comprendre la bioénergétique d’alimentation de ces grands prédateurs, les conséquences de changements dans la disponibilité et l’abondance des ressources alimentaires, ou des perturbations causées par les activités d’observations en mer.

Mike Hammill
Sciences

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