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Bulletin d’information pour le Québec
Février - mars 2015/volume 18/numéro 1

Conditions océanographiques physiques dans le golfe du Saint-Laurent en 2014

Chaque année, à l’aide du Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA), Pêches et Océans Canada évalue les conditions d’océanographie physique qui prévalent dans le golfe du Saint-Laurent. Mis en œuvre en 1998, le PMZA vise à accroître la capacité du Ministère à comprendre, à décrire et à prévoir l'état de l'écosystème marin, de même qu'à quantifier les changements observés quant aux propriétés physiques, chimiques et biologiques de l'océan. Ces connaissances permettent d'assurer la saine gestion de l'écosystème du Saint-Laurent dans un esprit de conservation des ressources et de protection du milieu marin.

Une personne s’apprête à mettre la rosette à l’eau
Une sonde de température et de
salinité est installée sur la rosette
pour recueillir des données,
à partir de la surface jusqu’à
tout près du fond.
 
Le navire de recherche
NGCC Hudson
 
Une scientifique analyse les courbes de température et de salinité sur deux écrans d’ordinateur
Les données sont transmises à
bord pour être analysées par
les scientifiques.

2014 : une année de records

Quelques faits notables pour 2014 : quasi-record de glace en hiver, fort possiblement les plus chaudes eaux de surface en 140 ans en août, et les plus chaudes eaux en profondeurs en 100 ans!

L’hiver 2014 a été le plus froid depuis 1993 au-dessus du golfe. Ce froid a causé la formation d’une volumineuse couche de surface avec des températures près du point de congélation. Il a également causé un couvert de glace de mer qui a atteint un volume saisonnier maximal de près du double de la moyenne climatologique, le troisième plus élevé depuis 1969.

La couche intermédiaire froide estivale est située à une profondeur d’environ 20 à 120 m et englobe les eaux froides (avec des températures inférieures à 1 ou 2 °C) refroidies durant l’hiver précédant. En été 2014, les épaisseurs et températures de cette couche étaient près de la normale climatique après quatre années chaudes, causées par l’hiver froid de 2014.

Les températures à la surface de l’eau, moyennées de mai à novembre, étaient au-dessus de la normale de 1,2 °C et représentaient les deuxièmes plus chaudes de la série. Le mois d’août a connu un record de 2,5 °C au-dessus de la climatologie, battant le record d’août 2012 de +2 °C. Des records ont aussi été battus dans les régions de l’estuaire (+4,2 °C), du nord-ouest du golfe (+4,1 °C), du chenal Anticosti (+2,8 °C) et du détroit de Cabot (+2,9 °C).

Les températures des eaux profondes du golfe augmentent à cause de courants provenant du détroit de Cabot. En 2012, à 200 m de profondeur, ces eaux ont atteint une température de 5,3 °C, un record depuis 1915.

Les eaux de 300 m de profondeur ont aussi réchauffé pour atteindre 5,9 °C, un record depuis 1980. La superficie du fond marin recouvert par des températures plus grandes que 6 °C a augmenté dans le chenal d’Anticosti, dans le chenal Esquiman et dans le centre du golfe. Cette superficie a atteint un record de série dans le chenal Esquiman au détriment de l’habitat de fond correspondant au laps de température de 5 à 6 °C.

Un hiver difficile tient les brise-glace en alerte
Infocéans – Août-septembre 2014

Peter Galbraith
Sciences

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