Abonnez-vous Courriel RSS
Logo d'Infocéans

Bulletin d’information pour le Québec
Décembre 2014 - janvier 2015/volume 17/numéro 6

Financement d’études universitaires sur les effets des contaminants

Dos de baleines

Pêches et Océans Canada, de concert avec le Groupe national consultatif sur les contaminants, a annoncé récemment l’octroi de trois contributions totalisant 687 000 $ à des chercheurs québécois. L’invitation avait été lancée au printemps dernier aux universités canadiennes afin d’étudier les effets biologiques des contaminants sur les espèces aquatiques. À l’échelle du pays, le Ministère aura investi 2 450 000 $ sur trois ans pour 12 projets de recherche dans ce domaine.

Poissons et pesticides

Une subvention d’un peu plus de 230 000 $ sur trois ans (2014-2017) a été accordée au développement d'outils diagnostiques (biomarqueurs) pour les poissons exposés aux pesticides. Ce projet, dirigé par la professeure Monique Boily du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, porte sur le transport des pesticides des régions d'agriculture intensive du sud-ouest du Québec, depuis les rivières traversant ces régions jusqu'au lac Saint-Pierre.

Grâce à cette subvention, les chercheurs pourront poursuivre les échantillonnages débutés en 2013 pour explorer les causes du déclin de la perchaude. Les résultats obtenus outilleront les gestionnaires afin de mieux protéger l'environnement et les ressources aquatiques.

Ces recherches seront menées en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Environnement Canada, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec et le Centre de recherche en toxicologie de l'environnement et l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Développement d'outils diagnostiques (biomarqueurs) pour les poissons exposés aux pesticides

Retardateurs de flamme et mammifères marins

Le professeur Jonathan Verreault, du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, a obtenu une subvention de 181 000 $ sur trois ans (2014-2017). Il réalisera un projet sur la bioaccumulation et les effets biologiques de l'éther diphénylique polybromé et de produits ignifuges émergents prioritaires chez deux espèces de mammifères marins présentes dans l'estuaire du Saint-Laurent. Mené en collaboration avec des chercheurs des milieux universitaire et gouvernemental ainsi que d'organisations à but non lucratif, ce projet vise à analyser des échantillons de tissus prélevés dans les graisses et le foie de bélugas et de petits rorquals de l'estuaire du Saint-Laurent. Il permettra de vérifier la présence de retardateurs de flamme halogénés et d'étudier leurs effets biologiques.

Le projet permettra également de développer des outils de détection qui pourraient ensuite servir aux chercheurs intéressés par les mammifères marins. Les résultats fourniront de l’information pertinente aux décideurs publics qui veillent à protéger les écosystèmes marins sujets à la contamination environnementale.

Bioaccumulation et effets biologiques de l'éther diphénylique polybromé (EDP) et produits ignifuges émergents prioritaires chez deux espèces de mammifères marins présentes dans l'estuaire du Saint-Laurent

Qu’est-ce qu’un retardateur de flamme ?

Les retardateurs de flamme sont des composés ajoutés à une pléthore de produits de consommation – dans les plastiques, les textiles, les meubles rembourrés et les appareils électroniques – afin, comme leur nom l'indique, de retarder la propagation de la flamme en cas d'incendie. Ils adhèrent aux particules et se propagent dans notre environnement immédiat. Lessivés par la pluie et la neige, ils se retrouvent dans les égouts et les usines d'épuration, lesquelles sont incapables de les éliminer.

Impacts des déversements de pétrole en conditions hivernales

Le professeur Richard Saint-Louis, du Département de biologie, chimie et géographie de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), a obtenu une subvention de 276 000 $ sur trois ans (2014-2017) pour évaluer les effets toxiques du pétrole brut conventionnel et non conventionnel sur la moule bleue lors d’un déversement sous couvert de glace.

Il existe peu d’études scientifiques sur les effets biologiques des contaminants sur la faune aquatique durant l’hiver. L’augmentation du trafic maritime lié au transport de contaminants comme le pétrole nécessite une meilleure connaissance des conséquences d’un déversement sur les écosystèmes. Cette recherche apportera un éclairage scientifique important. Les travaux seront menés à la station aquicole de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER). L’équipe de recherche est composée de cinq professeurs de l’UQAR-ISMER.

Évaluation sur la moule bleue des effets toxiques du pétrole brut classique et non classique lors d'un déversement sous couvert de glace

Pourquoi avoir choisi la moule?

Le choix de la moule comme espèce modèle est motivé par son importance économique au Canada, sa place dans l’alimentation traditionnelle des populations côtières, son rôle dans l’écosystème marin et sa répartition géographique étendue. Trois produits pétroliers seront étudiés dans le cadre de la recherche : le pétrole brut conventionnel et deux bruts non conventionnels provenant des sables bitumineux. Un déversement sous la glace en milieu côtier représente une situation de pollution chronique pour les moules, puisque tant que le couvert de glace demeure intact, il limite la dispersion et la dégradation de la nappe de pétrole. 

Judith Leblanc
Groupe national consultatif sur les contaminants

Partager | Partager sur Facebook Partager sur Twitter