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Bulletin d’information pour le Québec
Juin - juillet 2014/volume 17/numéro 3

Évolution du climat planétaire : principaux constats

volution du climat planétaire

Écart de température (°C) par rapport à la moyenne de 1981-2010 pour la période de janvier à mars 2014. Source : National Oceanographic and Atmospheric Administration.

En avril dernier, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) complétait son cinquième rapport sur les changements climatiques. Ce rapport  renforce les principales conclusions des quatre précédents rapports publiés en 1990, 1996, 2001 et 2007.

Le GIEC réitère que le climat continue de se réchauffer et que ce réchauffement n’est pas attribuable à des causes naturelles, comme une augmentation du rayonnement solaire. Le réchauffement  est plutôt dû principalement à l’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz carbonique liée à la combustion d’hydrocarbures (charbon, pétrole, gaz naturel) causée par les activités humaines. À l’échelle mondiale, la hausse du niveau de la mer s’accélère et l’océan s’acidifie en raison de l’absorption du gaz carbonique par les océans. La première décennie du 21e siècle (2001 à 2010) s’est avérée la plus chaude jamais observée d’après les relevés instrumentaux remontant jusqu’à 1850. Cette tendance au réchauffement s’accentuera dans les prochaines décennies selon les prévisions disponibles.

Alors, pourquoi avons-nous eu si froid au Québec pendant l’hiver 2014? Malgré le fait que nous grelotions à l’hiver 2014, d’autres villes du monde connaissaient des conditions beaucoup plus clémentes. Souvenons-nous de Sotchi, en Russie, et des répercussions des conditions météorologiques sur certaines épreuves olympiques d’hiver. Sur l’ensemble de la planète, l’hiver 2014 (janvier à mars) a été en fait le quatrième plus chaud de l’histoire avec une température moyenne de 0,71 °C plus chaude que la moyenne du 20e siècle! Comme quoi la réalité locale peut parfois grandement différer de la réalité globale.

équipe d’échantillonnage

Phénomène d’érosion sur une plage de la Côte‑Nord.

Pour guider les politiciens et autres décideurs sur les mesures d’atténuation à prendre, les scientifiques ont quantifié l’ampleur du réchauffement climatique avec davantage de précision. Ils ont projeté quatre scénarios d’émissions totales de gaz carbonique à l’échelle mondiale d’ici 2100. En 2015, à Paris, ils examineront les conséquences de ces scénarios et détermineront la suite à donner au protocole de Kyoto de 1997.

Rappelons que le cinquième rapport du GIEC est constitué d’un premier volet qui porte exclusivement sur les aspects scientifiques. Ce cliché instantané de la science du climat a servi de base à la publication du second volet sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité aux changements climatiques. Il a également servi à la publication du troisième volet qui aborde diverses options d’atténuation du changement climatique.

Les publications du GIEC se trouvent sur le site Web de l’organisation. Certaines de ces publications ne sont disponibles qu’en anglais.

Denis Gilbert, physicien et chercheur à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont‑Joli, est l'un des 1089 scientifiques, réviseurs experts pour le GIEC. Il a contribué au cinquième rapport de l’organisation par ses travaux scientifiques sur la hausse du niveau moyen de la mer, sur son réchauffement et sur la désoxygénation des océans. Il s’intéresse aux changements climatiques depuis 1983.


Denis Gilbert
Sciences

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