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Bulletin d’information pour le Québec
Février - mars 2014/volume 17/numéro 1

2013 : quoi de neuf dans le golfe du Saint-Laurent?

Chercheur lors du prélèvement d’échantillons
Chercheur lors du prélèvement d’échantillons

Chaque année, à l’aide du Programme de monitorage de la zone Atlantique, Pêches et Océans Canada évalue les conditions d’océanographie physique qui prévalent dans le golfe du Saint-Laurent. Voici quelques faits notables pour 2013.

L’hiver 2013 a été chaud. Le volume de glace de mer a été le sixième plus faible en 45 ans, soit depuis 1969. De plus, une grande proportion de la couche mélangée de surfaceétait encore largement au-dessus du point de congélation en mars, empêchant la formation de glace à ces endroits. C’est cette couche mélangée qui donne naissance à la couche intermédiaire froide. À l’été, le volume de la couche intermédiaire froide (température < 1 °C) était à son troisième niveau le plus faible depuis le début de la série en 1985 et la température minimale de cette couche était à son plus chaud depuis 1980. De mai à novembre, les températures de l’eau près de la surface étaient près de la normale. Pour les eaux profondes du golfe, les valeurs de la température et de la salinité  sont restées élevées. La température près du fond a même dépassé le seuil de 6 °C dans le chenal Esquiman et au centre du golfe. Rappelons qu’en 2012, au détroit de Cabot, elles avaient atteint des valeurs élevées record, à 200 m en température (depuis 1915) et à 300 m en salinité (depuis 1915). En 2013, la salinité à 300 m au détroit de Cabot est descendue à un niveau normal, accompagnée d’une baisse notable de la température. Cela signifie un important changement dans les masses d’eau qui entrent dans le golfe et qui affecteront le golfe durant les prochaines années.

En 2013, le débit du fleuve Saint-Laurent a été près de la normale, mais la crue printanière y a été supérieure. Elle a débuté tôt, soit en mars, et a probablement été causée par la fonte hâtive du couvert neigeux associée à des températures de l’air plus élevées qu’à la normale. La crue a perduré et a connu un maximum tardif en mai. Son débit est demeuré presque aussi élevé en juin en raison des pluies soutenues.

Vidéo montrant les opérations du prélèvement des échantillons

UN PETIT COUP DE POUCE?

Voici quelques définitions des expressions utilisées dans le texte en lien avec la glace et les différentes couches d’eau que l’on retrouve dans le golfe du Saint-Laurent.

Glace de mer : Glace formée à la surface d’une étendue salée.

Couche mélangée de surface : La couche de surface qui est mélangée par le vent et les vagues, d’une épaisseur moyenne de 20 m en été, elle peut atteindre 100 m en hiver.

Couche intermédiaire froide : C’est la couche qui reste froide  après la fin de l’hiver, en moyenne de 20 m à 100 m.

Eaux profondes : De 100 m à 300 m, cette couche est entraînée vers l’amont par la circulation estuarienne du fleuve Saint-Laurent, du détroit de Cabot jusqu’à l’embouchure du Saguenay.


Peter S. Galbraith
Sciences

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