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Bulletin d’information pour le Québec
Février - mars 2013/volume 16/numéro 1

Espèces en péril
Les Abénakis d’Odanak s’engagent dans le rétablissement de l’esturgeon jaune

Capteur d’œufs
Des roches de la rivière sont recouvertes d’un morceau de filtre à fournaise, puis placées dans des poches d’ancrage munies d’une bouée. L’ensemble constitue les capteurs d’œufs.
Œuf d’esturgeon jaune
Œuf d’esturgeon jaune frais (verdâtre et collant) dans un des capteurs.)

Depuis 2007, le Bureau environnement et terre d’Odanak mise sur l’engagement et les capacités de la communauté afin de protéger des espèces en péril. Au cours de la dernière année, grâce au soutien des Fonds autochtones pour les espèces en péril du gouvernement du Canada, le Bureau a orienté ses efforts vers le rétablissement de l’esturgeon jaune de la rivière Saint-François (au sud de Trois-Rivières). L’espèce, aussi appelée kabasa, y était autrefois abondante et servait de signature pour la communauté d'Odanak.

Un échantillonnage prometteur
Au printemps dernier, plus de 100 sites propices à la fraie de l’esturgeon jaune ont été échantillonnés de Drummondville jusqu’aux îles de Pierreville, à l’embouchure de la rivière Saint-François. Quatre-vingts capteurs d’œufs ont été mouillés en eaux vives, sur les fonds rocheux ou de gros graviers, afin de percevoir des signes de la présence active de l’espèce. Ce sont les endroits les plus susceptibles de receler des œufs fraîchement déposés, à l’abri de la prédation et bien oxygénés. Les capteurs ont été relevés aux deux jours, ce qui a permis de pêcher des œufs de dorés, de laquaiches et de différentes espèces de chevaliers et de meuniers.

Des efforts récompensés
Au début de mai, la découverte de plusieurs œufs opaques et olivâtres, de 3 à 5 mm, a confirmé la fraie d'esturgeon jaune dans deux secteurs qui avaient été aménagés en 2001, mais qui n’avaient pas fait l’objet d’un suivi assidu depuis. La localisation et la caractérisation des frayères sont importantes pour bien orienter les mesures de conservation qui pourraient être entreprises telles que l’aménagement des secteurs sensibles ou la mise en place de bonnes pratiques à adopter afin de ne pas déranger l’esturgeon au moment de la fraie. Ce faisant, les initiateurs du projet espèrent contribuer au retour de l’esturgeon jaune dans la rivière Saint-François.

les Fonds autochtones pour les espèces en péril
Depuis 2004, le Fonds autochtone pour les espèces en péril soutient l’engagement des peuples et des organismes autochtones dans la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril. La Loi reconnaît le rôle des peuples autochtones en matière de conservation des espèces sauvages.

Saviez-vous que...
Doté de plaques osseuses et d’une nageoire caudale qui rappelle celle du requin, l’esturgeon jaune est un des plus gros poissons d’eau douce du Canada. Le plus gros spécimen observé mesurait 3 m et pesait 180 kg. Sa chair est consommée fumée et ses œufs sont commercialisés comme caviar. En 2006, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada jugeait que, dans le secteur du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs, l’espèce est menacée de disparition.

Myriam Bourgeois
Gestion des écosystèmes
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