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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
AVRIL - MAI 2012/VOLUME 15/NUMÉRO 2
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PLUS DE 200 000 km2 D’UN MILIEU MARIN
CLASSIFIÉ EN 13 HABITATS
Loup atlantique

Loup atlantique
MPO  R. Larocque

Que vous pratiquiez la pêche en mer, la navigation ou que vous exploitiez des ressources naturelles, vos interventions ont un impact sur des centaines d’organismes allant de l’infime algue unicellulaire à l’immense baleine bleue. L’océan est vaste. Combien d’habitats différents abrite-t-il? Quelles en sont les limites géographiques? Quelles espèces dépendent de tel ou tel habitat? Quels habitats risquent d’être touchés par les activités humaines dans un secteur ou un autre?

C’est à ces questions que s’intéressent des chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne. Le territoire est vaste, car il couvre l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, soit quelque 236 000 km2. Dans leur démarche de classification des habitats, les fonds marins ont été décrits avec une grille de cellules de 100 km2. Pour chaque cellule, l’information disponible a été colligée, notamment le relief, la nature du fond, la pente et la bathymétrie, la salinité et la température, la disponibilité de l’oxygène, la proximité de la côte et la protection face aux intempéries. Ces données ont ensuite été utilisées pour identifier des catégories d’habitats aux caractéristiques semblables, et être en mesure d’en évaluer l’importance pour chacune des espèces de poisson qui y vivent. Ainsi, 13 grandes catégories d’habitat ont été localisées et décrites, 4 dans les eaux profondes et 9 dans les eaux moins profondes. De ces 13 catégories, 4 sont situés dans le sud du golfe et 5 dans l’estuaire et le nord du golfe.

Cet inventaire, construit à partir de la riche banque de données ministérielle, propose également un moyen puissant de gestion et d’analyse environnementales. Ces connaissances permettent de délimiter des aires de conservation et de définir l’habitat essentiel des espèces en péril, dont le loup tacheté et le loup à tête large. Dans le cas de ces deux espèces, les captures ont été colligées de sorte qu’il a été possible d’évaluer quels habitats elles fréquentent et quelles variables environnementales expliquent leur répartition. On a également pu déterminer avec quelles autres espèces les loups partagent ces habitats. Un pas de plus pourrait être franchi si l’on compilait les activités humaines dans le même cadre d’analyse. Ainsi, cet inventaire contribue à l’atteinte de deux objectifs : la protection de l’habitat du poisson et des espèces en péril, et la formulation d’avis tenant compte simultanément de plusieurs composantes de l’écosystème.

La classification des grandes catégories d’habitat a fait l’objet d’un rapport et cette base de données est rendue disponible au grand public. La même méthode est présentement appliquée pour décrire, classifier et cartographier les habitats côtiers et pélagiques (dans la colonne d’eau) sur ce même territoire.

Pêches et Océans Canada veille à la protection de l’habitat du poisson et en particulier celui des espèces en péril. Cet engagement est un élément central d’accords internationaux auxquels le Canada a souscrit. Afin de préserver la santé et la productivité des habitats marins, il est l’objet d’un cadre législatif découlant de la Loi sur les pêches, la Loi sur les océans, la Loi sur les espèces en péril et la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale.


Jean-Denis Dutil
Sciences
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