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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
DÉCEMBRE 2010 - JANVIER 2011/VOLUME 13/NUMÉRO 6
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Biodiversité
Le code-barres d’ADN
au service de la biodiversité marine
Echinogammarus ischnus et une partie de code-barres d’ADN Echinogammarus ischnus et une partie de code-barres d’ADN (4 couleurs correspondant aux 4 nucléobases de l’ADN)

A. Radulovici

Les océans nous fournissent nourriture, ressources premières, médicaments; ils nous servent de voies de transport; nous y pratiquons des activités de plein air. Ils sont toutefois menacés par la surpêche, la dégradation des habitats, la pollution et les changements climatiques, des facteurs qui contribuent à la disparition de plusieurs espèces. Nous devons protéger la biodiversité marine pour assurer notre survie et notre prospérité. Pour ce faire, nous devons savoir ce qui vit dans les océans.

Traditionnellement, les espèces ont été identifiées en fonction de leur morphologie
(c.-à-d. leur apparenceet leurs caractéristiques physiques), mais une nouvelle méthode, le code-barres d'ADN, permet maintenant de distinguer les espèces par leurs caractéristiques génétiques. Tout comme les produits en vente dans les supermarchés sont identifiés par un code-barres, les espèces vivantes peuvent être identifiées à partir d’une petite partie bien précise de leur ADN qui diffère d’une espèce à l’autre. Ce code-barres d’ADN permet une identification plus rapide, plus facile et à peu de coûts des espèces vivantes.

Chez les crustacés

Les crustacés constituent un groupe important d’organismes marins et affichent une grande variété de tailles et de formes, de modes de vie et de comportements de dispersion. Certains d'entre eux, comme le krill, sont des espèces clés pour l’alimentation d’autres espèces et leur disparition aurait des conséquences majeures dans les écosystèmes. D'autres espèces, comme les homards, les crabes et les crevettes, sont récoltées par des industries générant des milliards de dollars de revenus.

Le code-barres d'ADN aura des retombées pratiques importantes. Par exemple, il servira à l'identification des œufs et des larves de crustacés dans des échantillons de plancton à des fins d’évaluation des populations; il facilitera grandement l’analyse des contenus stomacaux de crustacés ou de poissons dans le but de comprendre « qui mange qui? »; il rendra possible la détection d’espèces cachées dans les fruits de mer transformés, comme les espèces protégées victimes de commerce illégal, les parasites, etc.; il mènera à la découverte d’espèces envahissantes et d’espèces inconnues auparavant. En peu de temps, nous pourrions savoir à quel point notre monde marin est riche et diversifié.

Des résultats tout chauds

Une bibliothèque de séquences d'ADN est en cours de construction pour les trois océans du Canada. Pour l’est du Canada, les premiers résultats montrent, par exemple, qu’une espèce envahissante d’amphipode (Echinogammarus ischnus) est arrivée dans l'estuaire du Saint-Laurent, après avoir été trouvée dans les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent il y a quelques années. Des recherches futures pourront montrer les conséquences de cet envahisseur sur la faune indigène de l’estuaire. Les analyses ont aussi permis de distinguer, parmi les crustacés marins de l'est du Canada, plusieurs espèces qui avaient une morphologie semblable mais un code génétique différent (appelées espèces cryptiques), ce qui suggère que la biodiversité marine a été sous-estimée.

En fusionnant les méthodes classiques et modernes d’identification, le domaine de la biodiversité est devenu plus dynamique que jamais, en particulier en cette Année internationale de la biodiversité. Il est maintenant possible d’accéder librement en ligne à de nombreuses bases de séquences d’ADN. Une image complète de notre monde marin nous aidera à faire de meilleures prévisions et à élaborer de meilleures politiques pour protéger nos ressources naturelles pour les générations futures.

Pour plus d'informations sur le sujet :

The Barcode of Life Data System (PDF, en anglais)
Molecular Ecology Notes 7: 355–364 (http://www.barcodinglife.org)


Adriana Radulovici, étudiante au doctorat, UQAR
Dirigée par France Dufresne, UQAR, et Bernard Sainte-Marie, MPO