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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
AOÛT - SEPTEMBRE 2010/VOLUME 13/NUMÉRO 4
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L’imagerie sous-marine remorquée
pour mieux connaître les fonds marins
L'équipe de recherche fait les derniers ajustements avant la mise à l'eau du traineau.

MPO  C. Nozères

Depuis quelques années, les scientifiques de l’Institut Maurice-Lamontagne utilisent un nouvel outil pour voir et mieux connaître ce qui se passe dans les profondeurs du Saint-Laurent. Un système d’imagerie optique, élaboré et amélioré au fil des ans grâce à l’avancement des technologies, fournit de l’information très précise sur la biologie et la géologie des fonds marins.

Les photographies, d’une qualité exceptionnelle, ainsi que les vidéos produites permettent de caractériser les habitats benthiques beaucoup plus facilement qu’avant. Les photos sélectionnées sont méticuleusement analysées pour identifier l’ensemble des invertébrés visibles ainsi que la nature du fond (sable, argile, cailloux, coquillages, blocs et roche mère). Les vidéos, quant à elles, aident, de façon plus générale, à identifier les poissons et d’autres organismes mobiles tels que les crabes. Il est alors possible d’évaluer leur densité et de vérifier les associations particulières qui pourraient exister entre certaines espèces marines et le type de fond. La vidéo sert également à voir la transition entre les substrats, comme les dunes de sable et le gravier.

Ces données sont toutes liées à une position géographique précise. Elles peuvent donc être utilisées pour différents projets de recherche afin, par exemple, de mieux connaître l’écosystème d’un secteur particulier, les espèces qui y vivent et le type de sédiments présents. De plus, des données physico-chimiques telles que la température, la profondeur, la salinité et la concentration en oxygène du milieu sont associées à chacune des stations.

La technologie

L’équipement utilisé a été conçu et développé par une équipe de l’Institut. Il s’agit d’un traîneau remorqué sur le fond à vitesse constante par un navire de recherche. Ce traîneau est équipé d’une caméra verticale, qui prend des photos à intervalles réguliers, d’une caméra vidéo à haute définition pointée vers l’avant, qui enregistre en continu, d’un éclairage à haute efficacité et d’un appareil enregistrant la profondeur, la température et l’oxygène dissous. D’autres appareils de mesure peuvent être ajoutés au traîneau benthique selon les besoins de recherche.

Les résultats sont obtenus rapidement et offrent une couverture plus grande et plus complète à des profondeurs qui ne sont pas accessibles en plongée sous-marine. L’information sur les sédiments est complémentaire à ce que permet une benne, par exemple. De plus, cette technique cause peu de dommages aux fonds étudiés.

Des images aux multiples usages

Jusqu’à maintenant, l’imagerie des fonds a été utilisée particulièrement dans l’estuaire du Saint-Laurent, dans le fjord du Saguenay et le long de la péninsule gaspésienne, entre autres pour caractériser l’habitat du béluga, repérer des évents de gaz naturel et étudier les habitats favorables au loup de mer.

Les images sont analysées, compilées et rendues disponibles pour documenter d’autres travaux de recherche sur les fonds marins dans les secteurs couverts. Les quelque 10 000 photos obtenues jusqu’à maintenant constituent une banque importante d’information sur l’écosystème, témoin de l’état actuel de l’environnement et de la diversité biologique du Saint-Laurent.

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À 83 m de profondeur, au nord
de l’île Verte

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À 41 m de profondeur, au sud
de l’île Rouge

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À 62 m de profondeur, près de
l’île aux Basques

IMAGERIE_05_HIRES.png
À 83 m de profondeur, au nord
de l’île Verte

IMAGERIE_06_HIRES.png
À 315 m de profondeur, près
des Escoumins


Photos : MPO   R. Larocque

Richard Larocque
Sciences