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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
FÉVRIER - MARS 2010/VOLUME 13/NUMÉRO 1
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Marée rouge de 2008
Bilan et conclusions

La marée rouge était clairement visible des airs au large de Ste-Flavie.

MPO  M. Starr

Du 5 au 21 août 2008, les populations riveraines de l’estuaire du Saint-Laurent ont été témoins d’un évènement inhabituel et préoccupant. Des mortalités massives d’animaux marins, incluant des mammifères, étaient signalées sur plusieurs kilomètres de l’estuaire du Saint-Laurent. Les soupçons ont rapidement pesé sur Alexandrium tamarense, une microalgue bien connue dans l’estuaire pour sa capacité à produire des toxines paralysantes. Bilan des mortalités liées à la marée rouge de 2008 : des milliers d’oiseaux marins, une centaine de phoques, onze bélugas et plusieurs poissons d’espèces variées.

La prolifération d’A. tamarense est un phénomène récurrent dans l’estuaire du Saint-Laurent. La souche bas-laurentienne est reconnue pour être parmi les plus toxiques dans le monde. Les floraisons sont en général localisées et ont des conséquences limitées. Cependant, des floraisons massives peuvent survenir lorsque certaines conditions sont réunies, telles qu’une salinité moindre et la présence de substances humiques (matières dissoutes provenant de la décomposition des sols) apportées par les eaux fluviales. Ces conditions prévalaient justement en 2008, alors que de fortes pluies s’étaient abattues à la fin juillet pour ensuite faire place à une dizaine de jours de temps calme et ensoleillé au début d’août.

La floraison d’A. tamarense de 2008 aura été la plus percutante en termes de mortalités d’animaux marins depuis la création de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) en 1987. Les dernières floraisons massives rapportées dataient de 1996 et 1998. Elles avaient alors principalement touché les oiseaux et les poissons.

Cet évènement exceptionnel a permis, pour la première fois, de faire un lien direct entre les toxines d’A. tamarense et la mortalité de mammifères marins. Pour le béluga, une espèce menacée dans le Saint-Laurent, la présence d’A. tamarense ajoute un nouveau risque à considérer parmi les facteurs de mortalité de la population.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de technique efficace pour éradiquer les floraisons d’algues toxiques. Cependant, la surveillance des algues toxiques telle que menée à l’IML permet de détecter et de suivre leur évolution. Les analyses menées au cours de l’évènement de 2008 ont offert l’occasion d’en apprendre davantage sur les effets des toxines paralysantes sur les organismes touchés. Le développement de modèles pourrait également servir à prévoir les floraisons et à émettre des alertes suffisamment hâtives auprès des intervenants concernés et de l’industrie (pêche, aquaculture) afin qu’ils prennent les mesures appropriées pour prévenir ou atténuer les impacts socio-économiques des floraisons d’algues toxiques.

 


Michael Scarratt, Sonia Michaud et Michel Starr
Sciences