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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
FÉVRIER - MARS 2010/VOLUME 13/NUMÉRO 1
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ESPÈCES ENVAHISSANTES
SOUS HAUTE SURVEILLANCE
Diplosoma listerianum lors de l’unique observation de cette espèce aux Îles, à l’été 2008.

M. Desraspe

À l’été 2008, un plongeur du secteur privé observait une espèce aquatique inconnue à la marina de Havre-Aubert aux Îles-de-la-Madeleine. Ce plongeur expérimenté et apte à détecter la présence d’espèces non indigènes a aussitôt signalé sa découverte aux biologistes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et de Pêches et Océans Canada (MPO) participant au suivi des espèces envahissantes aux Îles-de-la-Madeleine.

Les analyses ont révélé qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce envahissante, l’ascidie Diplosoma listerianum, un tunicier colonial sessile envahissant. Les ascidies sont des organismes filtreurs qui se nourrissent principalement de phytoplancton, de bactéries et de particules organiques en suspension. Les colonies de ce Diplosoma forment des couches minces et gélatineuses pouvant atteindre un diamètre de 20 cm.

Diplosoma est observé sur la côte Est américaine depuis 1993 et s’étend présentement entre Cape Cod, au Massachusetts, et Casco Bay, au Maine. C’est la première fois que cette espèce était observée dans les eaux canadiennes sur la côte Est. Bien qu’il soit pratiquement impossible d’affirmer avec certitude comment ce tunicier a été introduit aux Îles, les salissures sur les coques de bateau représentent le vecteur d’introduction le plus plausible.

En raison des impacts écologiques et économiques importants associés aux tuniciers envahissants, cette découverte a suscité beaucoup d’inquiétude auprès des scientifiques. Pour mesurer l’ampleur de la situation, une équipe de 14 scientifiques du MPO et du MAPAQ a réalisé, à l’été 2009, une évaluation de la marina, du quai des pêcheurs et du havre de Havre-Aubert. Des plongeurs équipés de caméras sous-marines ont fait un inventaire de Diplosoma listerianum et ont caractérisé le site (autres espèces présentes et conditions environnementales).

Pas d’observation en 2009

Aucun spécimen de D. listerianum n’a été observé aux Îles en 2009. Cette nouvelle peut signifier que les spécimens observés en 2008 n’ont pas survécu à l’hiver et que l’espèce n’est plus présente, ou qu’elle est présente en trop faible abondance pour être détectée à l’aide des méthodes d’échantillonnage utilisées jusqu’à maintenant. Au cours des prochaines années, un suivi régulier et l’utilisation de nouvelles méthodes de détection devraient permettre d’en savoir plus.

Des outils de détection génétique sont d’ailleurs en cours d’élaboration à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Une sonde génétique pourrait être utilisée dès l’été 2010 pour améliorer notre capacité de détection, maximiser les chances d’agir rapidement et, ainsi, éviter l’établissement de nouvelles espèces envahissantes aux Îles-de-la-Madeleine.


Nathalie Simard, Sciences
Selma Pereira, Secteur Îles-de-la-Madeleine
Madeleine Nadeau, MAPAQ, Îles-de-la-Madeleine