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BULLETIN D'INFORMATION DE LA RÉGION DU QUÉBEC
OCTOBRE - NOVEMBRE 2009/VOLUME 12/NUMÉRO 5
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Les Innus s'impliquent
dans la protection des espèces en péril
Minaikuss Odette et Jolyane Briand-Fontaine au travail avec une anguille pêchée dans une zosteraie de la baie de Sept-Îles, MPO  H. F. Ellefsen Minaikuss Odette et Jolyane Briand-Fontaine au travail avec une anguille pêchée dans une zosteraie de la baie de Sept-Îles.

MPO  H. F. Ellefsen

Au cours des deux dernières années, des membres des Premières Nations ont fait l’inventaire biologique de riches herbiers de la Côte-Nord à l’affût d’espèces en péril. Cette initiative de l’Agence Mamu Innu Kaikusseht (AMIK) vise l’implication des communautés autochtones dans la protection des espèces en péril. Elle est appuyée par le Fonds autochtone pour les espèces en péril du gouvernement du Canada, la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement et le Fonds environnemental de Mountain Equipment CO OP.

Opération de terrain dans les herbiers

De juin 2008 à septembre 2009, c’est une vingtaine d'Innus d’Essipit (Les Escoumins), de Uashat-Maliotenam (Sept-Îles), d’Ekuanitshit (Mingan) et d’Unamen Shipu (La Romaine) qui ont procédé aux inventaires de poissons dans une dizaine d’herbiers de zostère et qui ont ainsi été formés aux techniques de pêche. Ce travail aura nécessité près de 3 500 heures d’échantillonnage.

Soazig Le Breton, biologiste à l’AMIK, est heureuse de l’engagement des communautés innues et de Pêches et Océans Canada dans ce projet d’inventaire. « Des mentions inédites d’espèces font le bonheur des chercheurs alors que les Innus améliorent notre connaissance du territoire, acquièrent des compétences techniques et augmentent leur capacité en gestion des ressources aquatiques et marines. Cette expertise pourrait s’avérer intéressante pour des consultants ou des chercheurs en quête de main d’œuvre expérimentée. »

Morues juvéniles pêchées à la senne de plage dans un herbier de zostère à Uashat, MPO H. F. Ellefsen
Morues juvéniles pêchées à la senne de plage dans un herbier
de zostère à Uashat.
MPO  H. F. Ellefsen

Une expérience impressionnante, des résultats profitables

Les herbiers de zostère constituent des habitats incroyablement féconds pour le milieu marin et pour les espèces qui s’en servent comme refuge, garde-manger, pouponnière ou incubateur. Une première campagne d’échantillonnage, en 2008, avait permis de recenser de la morue franche et de l’anguille d’Amérique, toutes deux jugées en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et de faire quelques observations d’espèces inattendues comme un poisson volant.

Ces mentions sont comptabilisées par des chercheurs scientifiques comme Jean-Denis Dutil, à l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada. « Les échantillonnages dans les zosteraies sont une source précieuse d’information nouvelle, tant sur la biologie de nombreuses espèces côtières moins connues, que sur la valeur de cet habitat pour leur croissance ou leur reproduction » précise-t-il. Jolyane Briand-Fontaine, participante au projet à l’été 2008, est très étonnée des nombreuses découvertes faites pendant la formation. « Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est de réaliser la quantité de poissons qui vivent si près de nos rives. »

Sensibilisation et implication accrues en 2009

En 2009, l’AMIK a intensifié la promotion de l’engagement des communautés autochtones dans le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Un volet de sensibilisation a été ajouté avec des ateliers scolaires, des dépliants, des rencontres avec les communautés et les conseils de bande, ainsi que l’installation de panneaux publics sur les espèces en péril. En plus d’augmenter la visibilité du projet, ce volet donne la chance à tous les membres des communautés de s’impliquer dans les efforts de conservation, tout en les informant des actions concrètes à entreprendre individuellement.

Grâce au Fonds autochtone pour les espèces en péril, le projet devrait se poursuivre en 2010.

Saviez-vous que...

Depuis 2004, le Fonds autochtone pour les espèces en péril soutient l’engagement des peuples et des organismes autochtones dans la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril. La Loi reconnaît le rôle des peuples autochtones en matière de conservation des espèces sauvages.

Qu’est-ce que l’AMIQ?

L’AMIK est un organisme sans but lucratif actif dans le domaine maritime, tant dans le secteur des pêches et de la transformation que dans ceux de la gestion des ressources marines ou de la recherche. L’AMIK représente les intérêts de neuf communautés, soit les sept communautés innues de la Côte-Nord, les Malécites de Viger et les Micmacs de Gespeg.


Myriam Bourgeois, Océans, Habitat et Espèces en péril
Hans Frédéric Ellefsen, Secteur Côte-Nord