Biologie expérimentale

Les eaux profondes du golfe du Saint-Laurent sont pauvres en oxygène dissous. Les niveaux de saturation qui prévalent dans le chenal Laurentien sont si faibles qu'ils peuvent affecter considérablement divers aspects de la biologie et de l'écologie des populations et des communautés. Dans certaines zones, ils peuvent même causer la mort des organismes. Pourtant, ce facteur n'a que rarement été intégré dans les travaux sur la distribution, les migrations, la croissance et la production.

L'hypothèse selon laquelle la disponibilité de l'oxygène dissous est un facteur qui détermine la structure et limite la productivité des communautés benthiques du golfe du Saint-Laurent a été posée par une équipe de l'Institut Maurice-Lamontagne qui a proposé d'examiner la structure des communautés benthiques dans un milieu pauvre et un milieu riche en oxygène et de mesurer en laboratoire les impacts des niveaux de saturation mesurés in situ sur la mortalité naturelle et la physiologie d'espèces qui fréquentent ou semblent éviter les zones hypoxiques.

Sur la base d'expériences préliminaires réalisées sur un nombre limité d'espèces de poissons et d'invertébrés, il semble que ce facteur joue un rôle déterminant et qu'il pourrait expliquer plusieurs aspects de l'écologie des espèces benthiques, dont la vitesse de récupération suite à des perturbations naturelles ou anthropiques, que ces espèces soient d'intérêt commercial ou qu'elles soutiennent la production des espèces d'intérêt commercial. Les faibles niveaux d'oxygène dissous sont une caractéristique des eaux profondes du golfe du Saint-Laurent, de la mer Baltique et de nombreux estuaires qui reçoivent une forte charge de sels nutritifs.

Pour évaluer l'impact de l'hypoxie sur les organismes habitant les eaux profondes, une double approche a été privilégiée, soit les manipulations expérimentales en laboratoire qui visent à quantifier les impacts de l'hypoxie sur la performance individuelle, et les observations sur le terrain.