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Bibliographie de l'Institut Maurice-Lamontagne

Poissons / Cetorhinus maximus / Requin pèlerin

CAMPANA, S.E., J. GIBSON, J.C. BRAZNER, L. MARKS, W. JOWCE, J.-F. GOSSELIN, R.D. KENNEY, P.A. SHELTON, M.R. SIMPSON, J.W. LAWSON, 2008. Status of basking sharks in Atlantic Canada ; État du requin-pèlerin de l’Atlantique canadien. DFO, Canadian Science Advisory Secretariat, Research Document ; MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Document de recherche, 2008/004, 67 p .

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Les caractéristiques biologiques du requin-pèlerin sont mal connues et les principaux paramètres, tels que le taux de croissance, de mortalité naturelle et de fécondité, sont hypothétiques plutôt que véritablement mesurés. Toutefois, il ne fait aucun doute que l’espèce est relativement peu productive et incapable de soutenir un taux de mortalité, même modeste. Sa répartition semble limitée aux eaux dont les températures oscillent entre 6 et 16 °C, ce qui porte à croire que les observations de requins-pèlerins au nord de Terre-Neuve et dans d’autres eaux froides seraient rassemblement des erreurs d’identification de requins du Groenland. Il n’existe pas de pêche dirigée du requin-pèlerin dans les eaux canadiennes. Les prises accessoires observées dans le cadre des activités de pêche de pays étrangers ont atteint un sommet au cours des années 1980 et au début de la décennie de 1990, à environ 150 tm par année, mais leur moyenne n’est que de quelques tonnes métriques par année (c.-à-d. quelques individus) depuis 2000. Le requin-pèlerin est capturé accessoirement au cours de certaines pêches canadiennes, la plupart des prises ayant lieu au cours de pêches du poisson de fond et du sébaste au chalut. Par rapport au total des débarquements, les prises accessoires estimatives totalisent en moyenne 164 tm par année (ce qui correspond à 164 requin-pèlerins) depuis 1986. Il est possible que les captures réelles soient légèrement plus importantes que l’estimation, car peu d’observateurs sont affectés aux pêches aux engins côtiers comme les filets maillants et les trappes à morue. Aucun des relevés de poissons existants ne donne d’indice d’abondance du requin-pèlerin. Un indice annuel, tiré des relevés de baleines noires de la baie de Fundy, révèle une hausse sensible de l’abondance au cours des années 1990, suivie d’une diminution tout aussi radicale jusqu’en 2000. Cette apparente variation de l’abondance est probablement due à des changements de la répartition, elle-même attribuable à des facteurs océanographiques, plutôt qu’à des mortalités. Une estimation de l’abondance absolue du requin-pèlerin réalisée au moyen de relevés aériens des baleines de la baie de Fundy, du plateau Néo Écossais, golfe du Saint-Laurent, et des eaux de Terre Neuve aurait permis de l’établir à 4 200, 5 367 et 558, respectivement, pour un total de 10 125 à l’été 2007. Cette estimation est toutefois incertaine en raison du nombre de suppositions invoquées, mais particulièrement celles qui sont associées à la proportion de temps passé à la surface. Une analyse de la table de survie a montré que le taux intrinsèque de croissance ® de la population de requin-pèlerin au sein d’une population non exploitée est de 0,040, ce qui est près du taux de mortalité accessoire assurant un rendement maximum constant. Si Fcrit = 0,043 et que le nombre moyen de rejets à la mer annuels est de 164, et si l’on suppose un taux de mortalité des rejets de 100 %, on pourrait en conclure que la taille moyenne de la population pouvant soutenir le nombre approximatif de rejet Ncrit serait d’environ 4 800. La meilleure estimation disponible de l’effectif pour 2007 est supérieure à Ncrit. Les résultats d’une analyse à l’aide du modèle de simulation Monte Carlo donnent une valeur médiane de r de 0,032, de Fcrit de 0,035 et de Ncrit d’environ 5 900 requins, cette dernière valeur étant toujours inférieure à l’estimation de l’effectif de 2007. Les résultats du modèle, qui sont conformes à ceux de l’analyse de la table de vie, semblent indiquer une probabilité de 23 % (environ une chance sur cinq) que la population diminue, bien que l’incertitude associée aux intrants du modèle soit importante. Ces résultats coïncident plus ou moins avec les indices des observations par unité d’effort dans les eaux américaines qui ne montrent aucun signe de diminution depuis 1979. Compte tenu des caractéristiques biologiques du requin-pèlerin, le haut taux de mortalité des captures accessoires rejetées à la mer pourrait entraîner un effondrement de la population. Il est donc important de continuer à surveiller et à limiter au minimum les prises accessoires de requin-pèlerin. Il serait également utile de prendre des mesures en vue d’améliorer l’exactitude de l’identification de l’espèce dans le cadre du programme d’observateurs, de consigner le nombre de captures accessoires et leur sexe et de réduire la mortalité des individus rejetés à la mer.